Or. un aimant nu, en acier, tel que celui-ci. un aimant dit permanent parce que sa force ne peut pas changer à notre gré, est peu puissant. On obtient un aimant beaucoup plus fort, à dimensions égales, en prenant du fer doux, c'est-à-dire aussi pur que possible, en entourant le corps de la pièce, ou bien chacune de ses jambes, d'un grand nombre de tours de fil de cuivre recouvert de coton, dont on forme une bobine, et en faisant passer dans cette longue et fine canalisation un courant électrique, celui d'une pile par exemple, qui a pour objet de l'exciter, de lui donner temporairement les propriétés magnétiques On a ainsi, créé un électro-aimant, l'organe-roi de toutes les applications de l'électricité, depuis la sonnerie jusqu'à la locomotive électrique, depuis le tramway jusqu'à la télégraphie sans fil. L'électro-aimant est capable d'un travail beaucoup plus grand que l'aimant permanent puisqu'il peut donner normalement jusqu'à 20,000 lignes de force par centimètre carré, alors que son maigre camarade n'en fournit au maximum que 5,000 à 6,000.
Ainsi pourvus d'une source importante de magnétisme, livrons-nous à une petite expérience qui va nous révéler un autre phénomène d'importance extrême puisque, s'il n'existait pas, aucune des applications industrielles de l'électricité ne serait elle-même réalisée.
Prenons un fil de cuivre recouvert de coton (les lignes de force traversent aisément le coton, alors que le courant électrique est arrêté par lui). Faisons de ce fil une boucle que nous tenons entre le pouce et l'index, et attachons ses deux bouts à un galvanomètre, appareil qui nous dira ce qui va se passer dans ce fil.
Fig. B.-Expérience schématique montrant qu'un
courant est induit dans le fil aux moments où
la spire coupe les lignes de force de l'inducteur.
Plaçons vivement la boucle ou spire en plein dans les lignes de force (fig. B). L'aiguille du galvanomètre a bougé; puis elle est tout de suite revenue à l'immobilité. Retirons la spire hors des lignes de force: j'aiguille a encore bougé, puis est revenue à zéro.
Nous en concluons avec raison ceci: chaque fois que nous avons, au moyen de notre spire, coupé les lignes de force de l'électro-aimant, et seulement au moment précis où nous les coupions, un courant électrique s'est produit dans cette spire, y a été induit, pour parler le langage technique. C'est, en effet, l'énergie mécanique de notre main qui s'est transformée en énergie électrique.
Si peu de travail s'est mué en courant. Quelle abondance d'électricité n'obtiendrons-nous pas quand nous demanderons au moteur de notre voiture de se substituer à nous pour déplacer la spire dans le champ magnétique!
Mais comment le moteur s'y prendra-t-il pour effectuer ces coupures extrêmement rapides des lignes de force? Au lieu de présenter et de retirer la spire aux lignes de force, nous la ferons tourner au milieu d'elles, tout simplement. A cet effet, nous prendrons un axe en fer, terminé par une portée à chaque bout afin qu'il puisse prendre sur lui-même un mouvement de rotation; nous bobinerons sur lui un grand nombre de tours de fil, afin que le courant produit soit, plus puissant, et nous chargerons le moteur de faire, au moyen d'un engrenage, tourner très rapidement cet induit. Si nous mettons aux extrémités de ce bobinage une lampe, elle s'éclairera tant que l'induit tournera (fig. C).