Ce coupe-vent n'a donné au reste aucun résultat parce que, d'une part, il était insuffisamment rigide, et se déformait en marche et, d'autre part, il donnait naissance à des remous arrière entièrement nuisibles.
Les fabricants de coupe-vent pour bicyclette firent donc rapidement faillite et le coupe-vent individuel fut enterré pour une vingtaine d'années.
La question n'était cependant pas insoluble et un jeune ingénieur à peine sorti du régiment vient de la reprendre avec un succès complet.
Il lui a suffi de remédier aux deux inconvénients signalés en construisant un coupe-vent indéformable derrière lequel un prolongement convenablement tracé empêche la formation de remous nuisibles. En fait, le coupe-vent de jadis est devenu une sorte de gros oeuf allongé dans lequel le cycliste est enfermé et qui marche le gros bout en avant.
Le vélo torpille de M. Bunau-Varilla, vu à l'arrêt (entr'ouvert) et en course.
Une pareille forme étonne au premier abord, et cependant c'est celle que le calcul et l'expérience s'accordent pour proclamer la meilleure.
C'est celle du projectile de moindre résistance de d'Alembert, de Piobert et de Dreyse. C'est celle des poissons et des oiseaux modelés par une longue série de siècles; c'est celle enfin des ailes de nos aéroplanes modernes. En un mot, c'est la forme en toupie avec proue camuse, et poupe effilée.
La difficulté était jadis fort grande de construire avec une légèreté suffisante un capot de ce genre. Mais cette difficulté a disparu pour nos constructeurs d'aéroplanes.