DOCUMENTS et INFORMATIONS
Un billet de banque d'un sou.
La Banque de France vient d'émettre des billets de 20 francs et de 5 francs. Serait-elle amenée par les circonstances à lancer des coupures encore plus faibles, il n'y aurait point lieu de prendre la chose au tragique.
Fac-similé, en grandeur réelle,
d'un billet de banque d'un cent
(un sous), émis par la Banque de
Pittsburg en 1859.
C'est presque une vérité de La Palice d'affirmer que les petites coupures présentent les mêmes garanties que les grosses; elles ont, sur ces dernières, l'avantage de faciliter les transactions. Et nombre d'Etats qui, pendant un temps plus ou moins long, se sont vus obligés de recourir au papier-monnaie, ont émis des coupures d'un franc. Il n'y a pas longtemps encore, la République Argentine utilisait des billets de 5 centouros, valant environ deux sous et demi. Mais le record en ce genre semble appartenir à la Banque de Pittsburg qui, en 1859, pendant la guerre de Sécession, émit des billets de banque de 1 cent, soit un sou, dont nous reproduisons un spécimen qui nous est gracieusement communiqué par M. Fernand Bernard.
La Croix-Rouge française.
Pendant que tous les Français, sans distinction de classe ou de parti, s'apprêtent crânement, presque gaiement même, à faire leur devoir, les Françaises, d'une façon plus discrète peut-être parce que toutes ont le coeur attristé par le départ d'un être aimé, demandent à servir la patrie menacée.
A peine conscientes de la grandeur de leur mission, les femmes de France veulent porter jusque sur les horribles champs de bataille le réconfort de leur présence, la douceur de leur parole, le charme de leur sourire, l'inépuisable générosité de leur coeur. Jeunes et vieilles, aristocrates, bourgeoises, filles du peuple, composent la même foule, assiègent avec le même élan admirable et grave les trois grandes sociétés d'assistance aux blessés qui constituent la Croix-Rouge française.
La Société française de secours aux blessés militaires, fondée en 1864, a déjà eu en 1870 l'occasion de se signaler; admirablement préparée aujourd'hui, sous la haute direction du marquis de Vogüé, elle envoie chaque jour des équipes aux postes frontières. Au deuxième jour de la mobilisation, dix équipes étaient à leur poste, comprenant une cinquantaine d'infirmières diplômées qui dirigeront les novices. D'autres les rejoindront bientôt. La Société dispose actuellement de 17.000 lits.