En Mandchourie, à Liao-Yang, dans une lutte qui a duré dix jours, les Japonais ont mis en ligne 220.000 hommes et 750 canons; les Russes leur ont opposé 150.000 hommes et 600 pièces. Les premiers y ont perdu 30.000 hommes; leurs adversaires, 13.500, soit respectivement 13 % et 9 %. Ces pertes, réparties sur dix jours, sont peu de chose, comparées à celles des armées de 1870. De ces divers chiffres il semble permis de conclure tout au plus que, malgré le perfectionnement des armes modernes, la proportion des pertes n'augmente pas sensiblement avec l'importance des effectifs en présence.

Pendant les guerres récentes des Balkans, les pertes des différents adversaires n'ont jamais dépassé 10% de l'effectif des combattants engagés.

Ajoutons que les progrès accomplis au double point de vue de la chirurgie et de l'hygiène permettent de sauver trois et même quatre fois plus de blessés qu'autrefois.

La ration des soldats.

Aux indications que nous avons données dans le précédent numéro sur la ration du soldat des diverses armées actuellement en campagne, ajoutons ce qui concerne les troupes russes et les troupes austro-hongroises.

Le soldat du tsar reçoit:

Viande sur pied: 820 gr. (ce qui correspond à 400 gr. environ de viande consommable); pain biscuité, 820 gr.; gruau, 205 gr.; farine, 17 gr.; pois secs, 140 gr.; sel, 35 gr.

Le soldat des armées austro-hongroises a une ration médiocre:

Conserves de viande et de légumes, 200 gr.; pain comprimé, 400 gr.; café, 20 gr.; sucre, 25 gr.; sel, 25 gr.

En résumé, les troupes françaises sont beaucoup mieux nourries que celles qu'elles ont à combattre.