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La place de la Gare de Louvain, sur laquelle se dresse, seule intacte au milieu des ruines, la statue de Sylvain van de Weyer, un des chefs de la révolution belge de 1830.
Phot. N. J. Boon, Amsterdam.
LA BELGIQUE ENSANGLANTÉE
(De notre envoyé spécial.)
Au moment où L'Illustration se prépare à publier les notes de guerre que j'ai prises en Belgique, à son intention, j'ai connaissance du long télégramme de protestation que Guillaume II adresse au président Wilson.
L'empereur proteste contre l'emploi des balles dum-dum, dont, à son dire, se servent les troupes anglaises et françaises!
Je laisse à d'autres le soin de retourner contre lui une telle affirmation. Si j'avais eu connaissance d'un fait de ce genre je n'hésiterais pas plus à le signaler aux chefs de nos troupes alliées qu'à le reprocher aux troupes allemandes.
Or, je n'ai vu de blessure de balle dum-dum, ni sur un soldat belge ni sur un soldat allemand.
Mais le kaiser termine son télégramme par un plaidoyer en faveur des assassins et des incendiaires de Louvain: «Mon coeur saigne, écrit-il, quand je vois que de telles mesures sont inévitables et quand je songe aux innombrables personnes innocentes qui ont perdu leur vie ou leurs biens à la suite des actions criminelles et barbares des Belges.»