Tous ses gestes sont marqués du même sceau:
Au général qui le priait de faire enlever sur l'heure les drapeaux belge, français et anglais qui flottaient devant le beffroi, il lançait:
--Voilà une besogne qui n'est pas pour moi; et, si je m'y prêtais, je ne trouverais pas un homme à mes ordres pour l'exécuter.
De telles réponses sont faites sans colère, par un homme qui consulte à la fois deux consciences: la sienne et celle de la grande cité dont il a la charge.
C'est à cette fermeté raisonnée et bourgeoise, et aussi à la complète entente qui règne entre le bourgmestre et ses échevins, que les Bruxellois doivent en grande partie d'avoir échappé à un désastre et, sous la botte même de l'Allemand, d'avoir gardé intacte la fierté dont ils ont tant souci.
Le commandant de corps d'armée hausse-t-il le ton? Le bourgmestre se met au diapason; il ne provoque pas, mais il ne perd pas une occasion de répliquer. Les deux affiches qu'on trouvera ici sont assez éloquentes pour ne pas être commentées, et si le commandant militaire s'imagine avoir eu le dernier mot dans cette affaire, c'est que les espions qui sillonnent Bruxelles ne lui ont pas rapporté l'écho des rires malicieux qui ont accueilli sa littérature.
Quoi qu'il en pense, la germanisation de Bruxelles n'est pas commencée.
Gaston Chérau.
Une courageuse affiche de M. Max
pour protester contre un mensonge allemand.