LA DERNIÈRE PÉRIPÉTIE DU DUEL ENTRE LES FORTIFICATIONS MODERNES ET LES PROJECTILES A EXPLOSIFS BRISANTS
Après les forts de Liége, de Namur et de Maubeuge, ceux d’Anvers ont succombé contre l’artillerie lourde allemande.—La photographie ci-dessus, empruntée à une publication de langue allemande, Blætter von Krieg (Tablettes de la Guerre), publiée à Berne, représente, d’après ce journal, une coupole d’un des forts de Maubeuge disloquée par un projectile de mortier de 420.
LA ONZIÈME SEMAINE DE GUERRE
Cassel, Bouvines, Mons-en-Pévèle, Lens, Denain, Tourcoing, Lille, tous ces noms glorieux rappelant la formation de la patrie française, du moyen âge à la Révolution, sont soudain réapparus dans une sanglante auréole. C’est dans ces campagnes des Flandres et de l’Artois que se transportèrent cette semaine les principaux événements de guerre. Du moins est-ce surtout sur cette nouvelle phase de l’invasion que le quartier général nous donne plus particulièrement des indications. Il faut commencer aujourd’hui par cette région ensanglantée le résumé des événements de la semaine.
DANS LE NORD
Dans nos précédentes notes nous disions qu’une force allemande de composition inconnue était aux prises aux environs de Lille avec les forces françaises, d’effectifs également tenus secrets par le communiqué. On signalait seulement une division de cavalerie ennemie au Nord de Lille, s’étendant de la rive gauche de la Lys aux abords d’Hazebrouck et de Cassel, presque à la mer du Nord, nous disait-on.
Cette cavalerie a rencontré la nôtre qui, à plusieurs reprises, l’a refoulée au Nord de Lille, et ensuite l’a rejetée sur la Lys au moment où les escadrons ennemis en tentaient le passage sur plusieurs points. Ces rencontres se sont poursuivies jusqu’au 10 et au 12. Elles avaient pour but, de la part des Allemands, de couvrir la marche d’un corps d’armée vers Lille. Les premiers détachements ennemis se virent repoussés à leur arrivée devant cette grande ville; le combat fut assez violent dans les faubourgs. Puis les Allemands revinrent en force—un corps d’armée—et occupèrent Lille, défendu uniquement par des éléments territoriaux. La nouvelle en parvint le 13. Le 14, l’état-major annonçait que les Franco-Anglais occupaient Ypres, se portant ainsi au Nord de Lille.