Plan, coupe et vie perspective d'un autre dispositif de tranché allemandes. (Sur le croquis perspectif les chambres de repos de la 1re ligne ne sont pas encore couvertes). Coupe suivant A B d'une chambre de repos.

C'est ainsi que les trois dernières figures de cette page montrent un dispositif tout différent où les tranchées sont composées de fossés pour quatre tireurs chacun, profonds de 1 m. 50, larges de 0 m. 80 environ, communiquant avec des chambres de repos disposées entre eux et en arrière. Des cheminements couverts, ici encore, relient les chambres de la première ligne à celles de la seconde. Tout le système, les chambres de repos surtout, est installé de façon à procurer aux hommes le maximum de confort et de sécurité: des volets, des portes arrachés aux maisons les abritent, ou encore des branchages recouverts de terre.

Coupes verticales des tranchées et abris.

Dès le début de la guerre, en Lorraine, et il faut bien le dire, après quelques dures expériences, nos troupiers ont rapidement compris les avantages des tranchées allemandes, ce qui prouve en passant que pour les étudier ils les avaient conquises. Tout aussitôt, les officiers, les sous-officiers et les soldats du génie furent détachés dans toutes les unités pour enseigner à nos fantassins la façon de construire ces abris. L'éducation fut rapide, et très vite aussi on parvint à compléter l'outillage nécessaire, indispensable à là protection commune. Les outils des disparus, les pioches et les bêches abandonnées dans les villages, les outils de parc même furent arrimés sur les sacs par ceux qui geignaient autrefois sous le poids de la petite pelle-bêche réglementaire.

Dès la première accalmie du feu, dès la nuit tombée, les «trous» furent entrepris. Quelquefois dans le silence de la nuit, à moins de 500 mètres les uns des autres, les soldats des deux partis entendaient mutuellement les coups de pioche, les jets de pelle, les paroles d'encouragement des chefs, et ils s'accordaient tacitement l'armistice nécessaire pour le creusement du fossé protecteur d'où ils jailliraient en trombe dès le jour revenu.

Le pilote Pierre Verrier. Le lieutenant observateur A. Viot.
Les deux aviateurs soignés à Amiens.