Le soldat, dans la tranchée de campagne, jouit d'une sécurité beaucoup plus grande que le fantassin couché à plat ventre, derrière son sac, dans une excavation offrant à peine 0 m. 40 de dénivellation. En se baissant un peu, il disparaît au-dessous du niveau du sol et se trouve garanti d'une façon absolue du feu de l'infanterie; de plus, il permet à ses mitrailleuses de tirer sans danger pour lui. Ce même mouvement l'amenant à faire le gros dos, c'est son sac qui se trouve placé dans le sens horizontal, et ce sac constitue alors avec le casque une protection relative contre les shrapnells et les éclats d'obus.
Derrière la tranchée allemande, des trous sont creusés pour le chef de l'unité et les sous-officiers. Le trou du chef de l'unité est relié avec le cheminement. Ceux des sous-officiers ne le sont pas.
Si l'on ajoute que le talus ou plutôt le déversement des déblais de la tranchée occupe une largeur de 4 à 5 mètres et qu'il est soigneusement gazonné ou replanté avec les cultures environnantes, on concevra que cette très légère dénivellation ne laisse visible qu'à très courte distance la «saignée» de terre où se trouve dissimulée et à l'abri la ligne allemande.
Quant aux tranchées fortifiées, nos dessins en montrent nettement la conception et le dispositif. Elles sont à l'abri des balles et des shrapnells. Seuls les obus percutants ont le pouvoir de les pulvériser et de décimer leurs défenseurs. Les détails à l'intérieur varient à l'infini, suivant l'ingéniosité des occupants, la tranquillité relative dont ils jouissent et aussi la nature du sol.
Dispositif de tranchées allemandes.
Coupe suivant A B d'une chambre de repos.