Les anomalies sexuelles si bien étudiées déjà par le docteur Gautier pourront, par les progrès de la science, entrer de plus en plus dans le droit civil et ecclésiastique, comme empêchement au mariage.
Certaines peuplades, notamment en Afrique (Delaporte, le Voyageur français, 1872), sont signalées comme pratiquant le mariage à l'essai. C'est le seul criterium absolument complet des incompatibilités sexuelles. Le relâchement des moeurs et l'abandon croissant de l'institution de la famille en propagent l'application. Malheureusement ce remède est pire que le mal à conjurer.
CHAPITRE II
Mode de mariage ordinaire entre gens honorables.
Quand le moment est venu de marier une fille, les parents doivent la produire le plus possible; faire bon accueil à ceux qui viennent, accompagnés de leurs parents et amis, pour rechercher sa main; et, sous un prétexte quelconque, la leur présenter bien parée.
Quand la demande est faite par des intermédiaires, les parents de la jeune fille invitent ces personnes à prendre le bain et à dîner, mais ajournent leur réponse, pour ne pas paraître trop pressés.
Le prétendant doit se retirer en cas de mauvais présages; par exemple si, au moment où on présente sa demande, la jeune fille dort, crie ou est absente de la maison.
Le prétendant doit faire agir ses amis auprès des parents de la jeune fille; ils dénigrent par tous les moyens possibles ses rivaux et le louent lui-même jusqu'à l'exagération, surtout sous les rapports auxquels la mère de la jeune fille attache le plus d'importance.
L'un des amis, sous le déguisement d'un astrologue[39], pronostique la prospérité et la richesse futures du prétendant, en faisant voir les présages et les signes heureux, la bonne influence des planètes, l'entrée opportune du soleil dans le signe du zodiaque le plus favorable, les étoiles propices et les marques de bon augure sur son corps.
D'autres affidés éveillent la jalousie de la mère, en lui insinuant que le prétendant a chance de faire un mariage plus avantageux, lors même que cela ne serait pas [40].