N° 2.—Fêtes du mariage chez les Hindous.

Les cérémonies du mariage diffèrent peu pour les trois castes aryennes: brahmanes, nobles et vaïssias.

On se réunit sous un pandal ou salle provisoire, formée d'une légère charpente ornée de draperies. Les trois premiers jours sont consacrés à des actes préparatoires; les cinq jours suivants à la célébration du mariage. Le premier jour de la célébration est le mahourta, ou le jour de la commune assemblée, que nous allons décrire.

D'abord, on évoque et on appelle au mariage les dieux principaux et les mânes; on offre un sacrifice au dieu Pouléar (dieu du foyer domestique), et les femmes mariées parent magnifiquement les deux fiancés. Ceux-ci s'étant placés sur une estrade, on réunit l'un à l'autre, par un fil double, deux morceaux de safran sur lesquels on a prié tous les dieux de venir se fixer. L'époux fixe l'un des morceaux de safran au poignet gauche de l'épouse, et celle-ci lui attache l'autre morceau au poignet droit.

Vient alors le don de la vierge par son père; il met la main de sa fille dans celle de son époux, verse dessus un peu d'eau et lui présente du bétel en gage de donation.

On déroule devant les époux une pièce de soie qui est soutenue par douze brahmanes qui la dérobent à la vue. Les brahmanes invoquent successivement les couples des grands dieux: Brahma et Sarasvati, Vischnou et Lakshmi, Civa et Oumar, afin d'attirer leur faveur sur les nouveaux mariés. Puis, on procède à la cérémonie du Tahly ou cordon terminé par un bijou d'or que les femmes mariées portent au cou, comme signe qu'elles sont en puissance de mari. On place le Tahly sur un coco qui repose sur deux poignées de riz, placées dans un vase de métal; on lui offre un sacrifice de parfums, on le fait toucher à tous les invités hommes et femmes, qui lui donnent des bénédictions. On allume quatre grandes lampes à quatre mèches, et d'autres lampes faites avec du riz, et quatre femmes les tiennent élevées; en même temps, on en allume d'autres en grand nombre, tout autour. Alors l'époux, récitant un mantra, attache, en le nouant de trois noeuds, le Tahly au cou de sa jeune compagne qui a la face tournée vers l'Orient.

C'est l'instant solennel et l'on y fait le plus de bruit possible avec la musique et le chant des femmes. On apporte du feu dans un réchaud, le Pourohita (brahmane officiant), fait le Homan ou sacrifice au feu. Alors l'époux, tenant sa femme par la main, et suivi de tout le cortège des invités réunis par couples et magnifiquement parés, les femmes couvertes de bijoux, fait trois fois le tour du réchaud, en prenant le feu à témoin de ses serments. Puis on apporte au milieu du pandal deux bambous rapprochés; au pied de chacun d'eux on pose une corbeille de bambous dans laquelle l'un des époux se tient placé debout; on apporte deux autres corbeilles pleines de riz et les invités viennent processionnellement leur verser du riz sur la tête comme pour leur souhaiter l'abondance des biens temporels.

Ces cérémonies où ne figurent que des produits de la terre, des fleurs, des fruits, des grains, du beurre, du lait, du miel, sont très gracieuses dans leur ensemble; elles sont relevées par l'éclat des parures indiennes qui, dans les hautes castes, sont très remarquables chez les femmes et les enfants, par les chants et la musique, les danses et les pantomimes des bayadères, et par le costume écarlate des Pourohitas, qui est très pittoresque.

A la cérémonie à laquelle j'ai assisté, il y avait deux Pourohitas qui employèrent tous les intermèdes de leurs fonctions à se disputer la plus grosse part des dons en nature qu'ils reçoivent pour leur office.

On fait aux pauvres de larges distributions de riz.