Ainsi, un jeune garçon qui vit chez son oncle essaiera de s'attacher la fille de cet oncle, ou quelqu'autre jeune fille dans la maison ou dans les maisons qu'il fréquente, quand bien même elle aurait été promise à un autre.

«Cette conduite, dit Gopotamoukkà, est légitime dans tous les cas; car elle conduit toujours à l'accomplissement du Dharma (le devoir religieux).»

Quand un jeune garçon aura ainsi jeté son dévolu ou son amour sur une jeune fille, il s'efforcera constamment de lui plaire par tous les moyens en son pouvoir.

Quand il s'aperçoit qu'elle l'aime, il se consacre tout entier à satisfaire tous ses goûts et à lui procurer tous les plaisirs qu'elle recherche. Quand elle revient des fêtes, il lui offre des bouquets, des guirlandes pour la tête, des ornements et des anneaux pour les oreilles.

Tout d'abord, il a soin de mettre dans ses intérêts la soeur de lait de la jeune fille; puis il lui enseigne les soixante-quatre moyens de jouissance sexuelle employés par les hommes, et lui vante ses talents en ce genre.

Il est toujours bien habillé et paré et fait aussi bonne figure que possible; car les jeunes filles s'éprennent des hommes de leur intimité qui sont beaux, de bonne mine et toujours bien parés [42].

[Note 42: Voir au n° 8 de l'Appendice: «les Conseils d'Ovide.»]

Une jeune fille trahit toujours son amour par quelques signes ou actes tels que les suivants. Elle ne regarde jamais l'homme en face et éprouve de la gêne et de la honte quand il la regarde (App.2). Sous quelque prétexte, elle lui montre ses membres; elle le regarde furtivement quand il s'éloigne d'elle, baisse la tête quand il lui adresse quelque question et lui répond avec trouble et par des phrases inachevées; elle aime à rester longtemps dans sa compagnie, parle à ses suivantes sur un ton particulier, afin d'attirer son attention lorsqu'il est à une certaine distance, tient à ne point s'éloigner du lieu où il se trouve, prend quelque prétexte pour lui faire regarder différents objets, lui conte lentement des anecdotes pour prolonger la conversation avec lui; elle baise et presse un enfant qu'elle tient assis sur ses genoux, fait des gestes gracieux ou drôles lorsque ses soubrettes lui tiennent des propos plaisants devant l'homme qui la captive, montre à ses amis de la confiance, du respect et de la déférence, témoigne de la bonté à ses serviteurs, les écoute attentivement lorsqu'ils lui parlent, ou parlent à quelqu'autre de leur maître, se rend chez lui quand elle y est engagée par sa soeur de lait ou par quelque avis de ses domestiques, pour converser et jouer avec lui; elle évite d'être vue de lui en négligé, lui fait remettre par quelque amie ses ornements d'oreilles, anneaux et guirlandes de fleurs qu'il a demandé à voir; elle porte constamment tous les objets dont il lui a fait présent, se montre désolée quand ses parents lui parlent de tout autre prétendant, et se fâche contre quiconque appuie un rival.

Voici quelques vers sur ce sujet:

«Celui qui a reconnu à des signes extérieurs les sentiments qu'une jeune fille a pour lui, doit faire tout ce qu'il faut pour s'unir à elle. Il captivera une toute jeune fille par des jeux enfantins; une grande demoiselle, par ses talents (dans le Kama sans doute), et une personne qui l'aime, par le moyen d'intermédiaires dans lesquelles elle ait confiance.»