Quand l'amant possède le coeur de la jeune fille, il achève de la séduire par divers moyens, tels que ceux-ci.
Quand il est avec elle, à quelque jeu ou quelqu'exercice, il lui prend les mains avec une intention marquée; il pratique sur elle les divers embrassements décrits dans le Soutra.
Parfois, il lui montre une découpure faite dans la feuille d'un arbre et figurant deux amants accouplés; il s'extasie à la vue des nouveaux boutons des fleurs et des feuilles nouvelles de la poussée de la sève, à l'époque du renouveau (App. 2).
Il lui décrit ses tourments, lui raconte un beau rêve qu'il a fait au sujet d'autres femmes.
Aux assemblées de la caste, il se place près d'elle, et, sous quelque prétexte, il la touche, place son pied sur le sien, lui touche doucement et progressivement les doigts d'un pied avec les siens et les presse avec le bout de ses ongles.
S'il n'est point repoussé, il prendra ensuite ses pieds avec la main et les serrera délicatement. Il lui pressera aussi un doigt de la main entre ses doigts de pied, quand il lui arrivera de se lever; toutes les fois qu'il recevra d'elle ou lui donnera quelque objet, il lui manifestera, par ses manières et l'expression de ses regards, tout l'amour qu'il ressent pour elle. Il jettera sur elle l'eau qu'on lui aura apportée pour se rincer la bouche (App. 4).
Quand il se trouvera avec elle dans un lieu isolé, il lui fera des caresses amoureuses en lui peignant sa passion, sans cependant la troubler ou la blesser en quoi que ce soit.
Toutes les fois qu'il sera assis à côté d'elle sur le même banc ou le même lit, il l'emmènera à l'écart en lui disant qu'il a besoin de l'entretenir en particulier, et alors il lui exprimera tout son amour par des signes plutôt qu'avec des paroles. Il lui prendra la main et la placera sur son front; si elle est chez lui, il l'y retiendra sous prétexte de préparer pour lui-même quelque médication qui ne peut être efficace que si elle-même y met aussi la main.
Quand elle s'en ira, il la priera instamment de revenir le voir, et lorsque, devenue familière, elle le visitera souvent, il aura avec elle de longues conversations; «car, dit Gothakamouka, quel que soit l'amour d'un homme pour une femme, il ne réussit auprès d'elle qu'à force de lui parler (App. 5).
Enfin, quand il voit que la jeune fille est complètement subjuguée, il peut commencer à en jouir.