APPENDICE AU CHAPITRE III
Nº 1.—Description du harem d'Agra.
Tous les détails donnés dans ce chapitre montrent que les anciens rois de l'Inde brahmanique n'étaient guère plus jaloux des femmes de leur harem que les maris hindous ne l'étaient, en général, de leurs épouses.
On retrouve là encore la douceur et l'apathie du caractère indien.
Il en est autrement des Musulmans de l'Inde, en partie d'origine Afgane ou Mongole.
Ils gardent étroitement leurs femmes, et les harems de leurs princes étaient et sont encore aujourd'hui très surveillés.
On peut en juger par les dispositions du sérail qui forme partie du Tage d'Agra, le Versailles des empereurs mongols, qu'on préfère au palais de Louis XIV, bien qu'il ait coûté moins de cent millions, au lieu d'un demi-milliard.
Le harem se compose de deux parties attenant l'une à l'autre, mais parfaitement distinctes; l'une est occupée par les femmes musulmanes, pour la plupart des Cachemiriennes qui sont blanches comme des européennes.
L'autre est occupée par des femmes hindoues, et fut probablement construite sur le modèle des harems des anciens rois du pays.
Le harem musulman borde, sur l'un de ses côtés, le magnifique jardin du palais. Tout est en marbre; à l'étage, on y remarque quelques trous des boulets de lord Clive, lorsqu'il prit la citadelle d'Agra (le Tage).