Nous trouvons, même dans quelques docteurs chrétiens, le préjugé contre les femmes: «Foemina infirmius, le sexe est faible,» a dit saint Augustin; mais à cause de ses autres qualités, le bouddhisme et le christianisme ont mis le sexe faible au niveau du sexe fort.
Dans l'Inde, la condamnation prononcée par Manou a ôté à la femme le respect des autres et d'elle-même.
Aux reproches les plus graves la femme hindoue répond: «Après tout, je ne suis qu'une femme.»
La femme occupe cependant une bien meilleure place chez les Hindous que chez les Musulmans dans la famille où elle est beaucoup plus utile, plus libre et plus respectable. Toutefois, comme elle n'a ni instruction, ni valeur morale, on n'a pour elle d'autres sentiments que ceux qu'on a en France pour une bonne domestique. Souvent ses fils l'injurient. Manou ne prescrit aucuns égards envers la mère, tandis que le Bouddha a fait à son sujet mille recommandations qui sont pieusement suivies encore de nos jours.
N° 4. Manou, livre IX:
«La femme qui ne trahit point son mari, dont les pensées, les paroles et le corps sont purs, parvient, après la mort, au même séjour que son époux» (cette perspective serait peu encourageante pour beaucoup de françaises).
«Les femmes mariées doivent être comblées d'égards et de présents par les père et mère, et les frères de leurs maris, lorsque ceux-ci désirent une grande postérité.»
«Partout où les femmes sont honorées, les divinités sont satisfaites; lorsqu'on ne les honore pas, les actes pieux sont sans fruits.»
«Lorsqu'une femme brille par sa parure, toute la famille resplendit également; mais si elle ne brille pas, la famille ne jette aucun éclat.»
Tous ces préceptes commandent aux maris la fidélité, la douceur et la bonté matérielles, mais ne consacrent aucun droit pour la femme, et n'assurent point sa dignité et sa considération, ainsi qu'on le voit dans plusieurs passages du Kama Soutra, qui permettent aux maris toute licence.