Devoir conjugal.
N° 5.—L'auteur ne dit rien du devoir conjugal. Sans doute il le considère comme compris dans la généralité des rapports sexuels au sujet desquels il dit, au titre IV, que l'homme doit faire tout pour le plaisir de la femme.
C'est là un principe altruiste dont il faut, sans doute, faire honneur à l'influence du bouddhisme (religion absolument altruiste) sur les idées de l'époque. Son application qui tend à augmenter l'amour conjugal, fin honnête, et même à entretenir la santé, fin légitime, peut être justifiée presque toujours. L'église, qui interdit le mariage pour cause d'impuissance, ne le défend pas aux personnes stériles et aux vieillards.
Le père Gury dit, à l'article 378 de la Th. morale:
«Les époux se doivent: 1° une affection mutuelle; 2° la société conjugale et la cohabitation; 3° les aliments et ce qui est nécessaire pour une position honorable; 4° le devoir conjugal quand il est sérieusement demandé et lorsqu'il n'y a pas de raison pour le refuser.»
Vatsyayana ne prévoit même pas comme possible dans l'Inde le refus de la femme. Ce cas se présente en Europe et il est réglé en théologie. Le père Gury dit:
915, I. «Il y a une obligation de justice, grave en principe, de rendre le devoir conjugal à l'autre époux qui le demande sérieusement et raisonnablement, parce que d'après la nature du contrat conjugal, les époux se doivent mutuellement la puissance sur leur corps pour l'amour conjugal.»
II. «Il peut y avoir obligation de demander le devoir conjugal par charité ou à cause d'une autre vertu, surtout de la part de l'homme, si la demande est nécessaire pour entretenir ou ranimer l'amour conjugal.»
«L'obligation de le rendre cesse pour l'un des époux quand cesse pour l'autre le droit de l'exiger, ce qui arrive: 1° si l'un des époux a commis un adultère.» (Le droit est égal pour les deux époux, contrairement à ce qui a lieu dans l'Inde où une femme ne doit même pas reprocher à son mari l'adultère; on verra plus loin l'épouse indienne servir d'entremetteuse à son mari).
«2° . . . . . . . . . . . . . . . . . .