TITRE XI
CATÉCHISME DES COURTISANES
CHAPITRE I
Des différentes classes de courtisanes.
Les hommes sont avides de plaisir et une certaine classe de femmes d'argent; on a du consacrer la dernière partie du Kama-Soutra aux moyens que celles-ci emploient pour se faire donner de l'argent ou, en d'autres termes, à l'art des courtisanes (App. 1).
On peut ranger parmi les courtisanes diverses classes de femmes:
L'impudique;—la servante ou soubrette;—la femme galante ou catin (femme de la campagne);—l'ouvrière libre[72];—la bayadère;—la femme qui a quitté sa famille;—celle qui vit de sa beauté;—enfin celle qui exerce régulièrement le métier ou la la profession de courtisane[73].
[Note 72: On voit par cette énumération combien était servile et dégradée la situation de la domestique, de la femme de la campagne et de l'ouvrière, c'est-à-dire des quatre cinquièmes des femmes. Il est vrai que les Indiens n'attachaient à l'acte charnel aucune idée de faute, mais seulement celle de complaisance, et le plus souvent d'obéissance.]
[Note 73: On a vu que les courtisanes de premier rang avaient tous les talents et toutes les connaissances que réclame une profession libérale. Aujourd'hui la profession n'existe plus que pour les bayadères.]
Ces différentes sortes de courtisanes ont des rapports avec différentes sortes d'hommes. Tout ce qui va être dit sur les courtisanes s'applique à ces rapports.