Dans l'élégie 10 du livre I des Amours, Ovide répond lui-même à cette proxénète:

«Pourquoi vouloir que l'enfant de Vénus nous fasse payer ses faveurs. Il n'a point de robe pour en serrer le prix.»

«Une prostituée se vend à tel prix au premier venu; mais elle abhorre le despotisme d'un avare corrupteur et elle ne fait qu'à regrets ce qu'une amie fait de plein gré.

«Gardez-vous, jeunes beautés, de mettre à prix la faveur d'une nuit. Il n'est pas défendu d'exiger d'un riche quelques présents. Il est en état de les faire. Services, soins, fidélité, voilà la monnaie du pauvre. Je ne refuse pas de donner, mais je m'indigne qu'on me demande. Sourd à tes sollicitations, si tu cesses d'exiger, je donnerai.»

A Rome, les courtisanes de tout ordre étaient très avides et beaucoup d'hommes se ruinaient pour elles; de ce nombre fut Tibulle.

Il avoue avoir eu à la fois quatre maîtresses, Délie, Sulpice, Néera et Némesis, toutes quatre courtisanes, sans doute de premier ordre, sans compter beaucoup de distractions.

La prostitution publique généralement volontaire forme, en Afrique, le principal revenu de quelques roitelets nègres. En Chine et au Japon, le gouvernement met d'office aux bateaux fleuris les femmes et même les filles vierges qui ne peuvent payer l'impôt de capitation. Cela est sans conséquence pour leur futur mariage; des personnages de distinction viennent souvent prendre femme dans ces lieux de plaisir.

CHAPITRE IV

De la courtisane qui vit avec un homme comme une épouse.

Quand une courtisane vit avec son amant, elle doit avoir la conduite d'une femme honnête et tout faire pour lui plaire. En deux mots, il faut qu'elle lui donne le plaisir sans s'attacher à lui, tout en paraissant lui être attachée.