Dans le livre IV nous voyons:
1° Au chap. XVII qui concerne Israël.
21. Après Salomon, les dix tribus d'Israël se séparèrent de la maison de David (qui continua de régner à Jérusalem sur la tribu de Juda et les lévites) et se donnèrent pour roi Jéroboam qui leur fit abjurer la loi de Moïse.
22. Israël persévéra dans ce péché, adorant les dieux étrangers et se livrant à toutes les abominations (impudicités).
24. Après la prise de Samarie leur capitale, le roi d'Assyrie emmena les dix tribus dans la Médie et les remplaça par un certain nombre de ses sujets de diverses provinces. Ceux-ci adorèrent à la fois leurs propres dieux et celui des Juifs.
2° Aux chap. XXI et XXIII qui concernent le royaume de Juda:
XXI. Manassé adopta les idoles des nations, rétablit sur les hauts lieux le culte qu'avait proscrit son père Ezéchias, consacra à Baal des autels et des bois sacrés (lucos), affecta deux parties du temple de Jérusalem à toute la milice du ciel (dieux Sidéraux des Chaldéens), sacrifia son fils par le feu à Moloch, établit des oracles, des pythonesses, des augures, etc.
XXIII. Josias détruisit tout ce que Salomon et ses successeurs avaient consacré au culte idolatrique; dans la maison du Seigneur il fit raser les chambres des efféminés et le bois sacré (lucus) où des femmes se tenaient sous des abris à la disposition de ceux-ci. Il brûla le char et les chevaux du soleil qu'on avait placés à l'entrée du temple. Il pollua et ruina tout ce que Salomon avait élevé sur le mont de l'offense[(130)] à Jérusalem en l'honneur d'Astaroth (d'où Astarté) idole de Sidon, de Chamos (Kama) dieu de Moab et de Melchon Ammon.»
[Note 130: (Mons offensionis). On avait ainsi nommé le lieu où Salomon avait élevé des autels aux dieux des peuples voisins, sans doute pour les concilier après les avoir assujettis. Ce fut un grand scandale pour les Juifs.]
A travers toutes les chutes et tous les scandales, les familles sacerdotales de Jérusalem et les sectes zélatrices maintinrent toujours vivace, au moins dans une élite, la foi dans le Seigneur avec une constance invincible et une passion, dont Jérémie fût l'interprète sublime dans ses lamentations et surtout dans le psaume CXXXVI.