(St. 39).—Bouquets odorants, couronnes dont l'aspect réjouit le coeur, zéphir qu'agité l'éventail, rayon de la lune, parfum des fleurs, lac frais, poudre de sandal, vin clair, terrasse bien blanche, vêtements très légers, femmes aux yeux de lotus, tels sont les agréments que les heureux ont ici en partage, l'été.

En hiver, les heureux reposent voluptueusement dans une chambre, couverts de vêlements rouges, enlaçant dans leurs bras leurs bien-aimées aux seins opulents, mâchant à pleine bouche des feuilles et des noix de béthel.

(St. 44).—Les éclairs serpentent dans le Ciel pareils à des lianes, le tonnerre éclate au sein des nuages amoncelés; on entend les cris confus des paons qui se livrent à leurs jeux; les averses tombent comme des torrents; la belle, aux yeux allongés, qui tremble d'effroi, se serre étroitement dans les bras du bien-aimé dont elle ne peut quitter la maison; puis s'élèvent des vents chargés de pluie glaciale qui renouvellent la vigueur des amants.

(St. 49 et 50.)—Ils embrassent les fossettes de leurs joues; ils font entrechoquer bruyamment leurs lèvres en jouant dans les boucles qui encadrent leur visage; ils mettent en désordre leur chevelure et leur font cligner les yeux; ils chiffonnent avec violence leurs vêtements, arrachent de leur poitrine leur corset et bouleversent leurs seins; ils font grelotter leurs cuisses et détachent le pagne qui ceint leurs larges hanches.

On connaît le distique de Catulle:

«Quam juvat immites ventos audire cubantem
Et dominant tenero delinuisse sinu»

Quel plaisir d'entendre, de sa couche, rugir la tempête, en pressant sa maîtresse sur son sein.

N° 2.—Visite de Corine à Ovide.

Il est intéressant de rapprocher la visite d'une maîtresse indienne à son amant de celle de Corine à Ovide (Les Amours, liv. 1er, élégie 5).

«Vers midi, lorsque j'étais sur mon lit pour me reposer dans un demi-jour mystérieux, Corine entra dans ma chambre, la tunique relevée, les cheveux tombant sur sa gorge nue, plus blanche que la neige, semblable à la charmante Laïs quand elle recevait ses amants.