«La guerre s'allume entre les amants; la jeune fille accable de reproches le cruel qui a enfoncé sa porte et lui a arraché les cheveux. Ses joues meurtries sont baignées de larmes; mais le vainqueur pleure à son tour de ce que son bras a trop bien servi sa colère.

«Il faut être de pierre ou d'acier pour frapper la beauté qu'on aime.

«C'est assez de déchirer sa tunique légère, de briser les liens qui retiennent ses cheveux, de faire couler ses larmes.

«Heureux celui qui, dans sa colère, peut voir pleurer une jeune fille; mais celui qui frappe n'est bon qu'à porter le bouclier et le pieu; qu'il s'éloigne de la douce Vénus.»

Les jeux des filles de Sparte.

Les jeux des filles de Sparte qui avaient un but sérieux au temps de l'indépendance de cette République, n'étaient plus, après son asservissement, qu'un spectacle licencieux que Properce a décrit dans l'Élégie XIV du livre III.

«Heureuse Lacédémone, nous admirons les jeux où se forment les jeunes filles. Sans honte, elles paraissent nues au milieu des lutteurs. Tour à tour, on les voit, couvertes de poussière, attendre l'heure de la lice et recevoir les rudes coups du pancrace.

«Elles attachent le ceste à leurs bras, lancent le disque, ou bien elles font décrire un cercle à un coursier rapide, ceignent d'un glaive leurs flancs d'albâtre et couvrent d'un casque leur tête virginale.

«D'autres fois, les cheveux couverts de frimas, elles pressent sur les longs sommets du Taygète le chien de Laconie

La loi de Sparte défend le mystère aux amants et on peut se montrer partout en public aux côtés de la femme qu'on aime. On n'a point à redouter la vengeance d'un mari, on n'emploie pas d'intermédiaire pour déclarer ses feux, et si l'on est repoussé, on n'a point à subir de longs délais. Le regard errant à l'aventure n'est point trompé par la pourpre de Tyr, ou intercepté par un nombreux cortège d'esclaves.