Tous se retirèrent, penauds, sifflés par les gamins, qui étaient vexés d’avoir été tenus hors de l’église, et par les femmes, qui criaient toutes à la fois, heureuses de rabattre le caquet de dame Pascuala.
—Comment va Ali Bellus, lui demandait-on.—Et son fils, Macael?
Pour comble de malheur, quand le curé vit dans quel état on avait mis le pavé et fut au courant des faits, il entra en fureur. Il voulait excommunier pour sacrilège tout le village, et fermer l’église. Pour le calmer, les auteurs de l’exhumation, atterrés, durent promettre de faire exécuter à leurs frais un pavement plus beau.
—Et vous n’êtes jamais retourné là-bas?
—Je m’en garderai bien. Plus d’une fois j’ai rencontré à Valence quelques-uns de mes mystifiés. En causant avec moi, ils riaient de l’aventure, la trouvaient fort drôle, et (Oh! vanité humaine!) assuraient qu’ils étaient de ceux, qui, soupçonnant la malice, étaient restés à la porté de l’église. Ils finissaient toujours par m’inviter à retourner là-bas m’amuser un jour avec eux... histoire de faire un bon repas!... Au diable! Je connais mes gens. Ils m’invitent avec un sourire angélique, mais instinctivement ils clignent de l’œil gauche, comme s’ils mettaient déjà leur fusil en joue.
TABLE DES MATIÈRES
E. GREVIN—IMPRIMERIE DE LAGNY
NOTES:
[A] «V. Blasco-Ibañez, ses romans et le roman de sa vie», par Camille Pitollet. (Chez Calmann-Lévy.)