A côté de descriptions aux touches sobres, par instants surgissent des éclairs de cette belle humeur levantine qui est un peu cousine des joyeusetés de notre vieux français. Les anciens moines espagnols et les hidalgos ne dédaignaient pas une certaine verve rabelaisienne.
Bravaches et matamores, bandits sensibles ou sournois, caciques, alguazils et alcades parfois coquins, paysans têtus, laborieux, exaltés aussi, vieillards amoureux, contrebandiers, matelots, bohèmes musiciens et ivrognes, tous ceux qui défilent dans ces contes sont extraordinairement pittoresques, s’accordent avec un paysage merveilleux.
Qu’il peigne les âmes ou les décors de son pays, Blasco-Ibañez est toujours le poète incomparable, l’écrivain de génie dont l’un de ses plus clairvoyants admirateurs a dit qu’il ne saurait être comparé comme conteur qu’à notre grand Maupassant[A].
F. M.