Pirovani entra, portant un gros paquet; il avait revêtu un nouveau costume dont l’étoffe à petits carreaux de couleurs diverses ressemblait à la peau d’un reptile.
—Madame la marquise, un de mes amis de Buenos-Ayres m’a fait parvenir ces caramels. Permettez-moi de vous les offrir. Vous trouverez aussi dans ce paquet des cigarettes égyptiennes...
Hélène eut un sourire en voyant le nouveau costume de l’entrepreneur et le remercia, en minaudant, de son présent.
Un moment après, Moreno se présenta chaussé de souliers vernis, habillé d’une jaquette aux pans très longs et coiffé d’un chapeau melon, comme s’il fût allé rendre visite au ministre à Buenos-Ayres.
Robledo, qui n’avait plus sommeil, exprima ironiquement son admiration.
—Quelle élégance!
—J’ai eu peur que les mites mangent ma jaquette dans ma malle, j’ai voulu lui faire prendre un peu l’air.
Puis il s’approcha timidement d’Hélène—«Bonsoir madame la marquise!» Et il lui baisa la main, en imitant le maintien des élégants personnages qu’il avait admirés au théâtre ou dans les livres.
Il ne quitta plus d’un pas la maîtresse de maison et engagea avec elle une conversation en a parté qui sembla provoquer l’indignation de Pirovani. Celui-ci finit par quitter sa chaise; il sentait le besoin de protester contre cet accaparement excessif.
—Avez-vous vu, dit-il à Robledo, comment est fagoté ce crève-la-faim!