—Ah! señor, señor!... dit Pép. Le diable est déchaîné, vous dis-je. Nous n’aurons plus jamais de tranquillité. Et tout cela, parce que vous n’avez pas voulu me croire, parce que vous n’avez pas respecté les coutumes établies par des hommes plus sages assurément que ceux d’aujourd’hui...

Comment tout cela finirait-il?

Febrer s’efforça de tranquilliser le paysan et laissa échapper quelques mots révélant un projet qu’il désirait tenir caché.

—Tu peux te réjouir, Pép. Je vais partir pour toujours; je ne veux pas troubler ton repos et la paix de ta famille.

—Ah! c’est vrai? réellement, vous allez partir?

La joie du fermier était si vive, si grande sa surprise, que Jaime ne sut qu’en penser. Il lui sembla distinguer une certaine malice dans les yeux de Pép, animés par le plaisir que lui causait cette nouvelle inespérée:

«Ah ça! pensa-t-il, est-ce que cet insulaire s’imagine que mon départ, si subitement décidé, ne serait qu’une fuite?»

—Oui, je quitterai le pays, reprit-il, mais je ne sais quand... Plus tard, quand le moment me semblera opportun. Mais avant, il faut que je rencontre celui qui me cherche...

Pép, à ces mots, eut un geste de résignation; toute sa joie sembla soudain disparaître. Cependant, au fond de sa conscience, il ne pouvait qu’approuver cette façon d’agir.

Quand le paysan se leva pour regagner Can Mallorquí, Febrer, qui venait d’apercevoir au loin le Capellanét, se rappela ce que lui avait demandé le jeune homme.