19 août 1799 (v. s.).

Citoyenne,

On cherche à vendre pour cent-soixante pièces de vingt-quatre livres, à Paris, les feuilles d'un ouvrage qui s'imprime chez l'étranger et qui a pour titre: De la Religion chrétienne par rapport à la Morale et aux Beaux-Arts. Cet octavo de grandeur ordinaire, et formant un volume d'environ 430 pages, est une sorte de réponse indirecte au poème de la Guerre des Dieux, et autres livres de ce genre. Il se divise en sept parties.

La première traite des mystères, des sacrements et des vertus du Christianisme considérés moralement et poétiquement.

La seconde se rapporte aux traditions des Écritures.

Dans les troisième et quatrième parties, on examine le Christianisme employé comme merveilleux dans la poésie.

La cinquième partie contient ce qui a rapport au culte en général, tel que les fêtes, les cérémonies de l'Église, etc., etc.

La sixième parle du culte des tombeaux chez tous les peuples de la terre, et le compare à ce que les chrétiens ont fait pour les morts.

La septième enfin se forme de sujets divers comme de quelques chapitres sur les églises gothiques, sur les ruines, sur les monastères, sur les missions, sur les hospices, sur le culte des croix, des saints, des vierges dans le désert, sur les harmonies entre les grands effets de la nature et la religion chrétienne, etc., etc. Un grand nombre des meilleurs morceaux des Natchez se trouvent cités dans cet ouvrage qui, comme vous le voyez, est du même auteur.

On vous le recommande particulièrement, citoyenne, et pour la vente des feuilles, et pour les papiers publics, lorsqu'il paraîtra. Adressez, nous vous en supplions, le plus tôt possible, à ce sujet, un mot par la voie d'Hambourg, ou tout autre voie, à MM. Dulau et Cie, libraires, Wardour street, à Londres. La maison de ces citoyens est fort connue dans la librairie et est co-propriétaire du manuscrit avec l'auteur. Si quelque libraire de Paris veut acheter les feuilles au prix offert, les citoyens Dulau et Cie les lui feront passer régulièrement et promptement à mesure qu'elles se tireront à Londres, et ils s'engagent de plus à ne publier chez l'étranger que lorsque l'édition de Paris aura été mise en vente. L'arrangement des cent soixante louis n'est pas, au reste, si fixe, que vous ne puissiez le changer à volonté. Que vous obteniez plus ou moins, que l'on fasse le payement en argent ou en livres à votre choix et expédiés pour le citoyen Dulau, tout cela est égal à l'auteur. Vous aurez même les feuilles pour rien, si vous les demandez pour vous-même et dans le dessein de vous en servir pour le mieux. Il n'y a pas un mot de politique, dans l'ouvrage, qui puisse en empêcher la vente. Il est purement littéraire et nous connaissons bien votre indulgence pour l'auteur. Nous croyons que vous serez contente de ce que vous verrez. C'est peut-être ce qu'il a fait de mieux jusqu'à présent, outre ce que l'ouvrage contient par ailleurs des Natchez, afin de donner au public un avant-goût de cette épopée de l'homme sauvage. Le morceau sur le clocher, le tombeau dans l'arbre, le coucher de soleil en pleine mer, le couvent au bord d'une grève, et quelques autres encore s'y trouvent.