Note 51: Tivoli appartenait bien à M. Boutin, trésorier de la marine, mais ce n'était point à la fille de cet opulent financier que s'était marié M. de Malesherbes. Il avait épousé, par contrat du 4 février 1749, Françoise-Thérèse Grimod, fille de Gaspard Grimod, seigneur de la Reynière, fermier général, et de Marie-Madeleine Mazade, sa seconde femme. Mme de Malesherbes fut la tante de Alexandre-Balthazar-Laurent Grimod de la Reynière, l'auteur de l'Almanach des Gourmands, à qui son père, lui-même gourmand fameux, n'avait pas donné pour rien le prénom de Balthazar.[(Retour au texte principal.)]
Note 52: Le jardin que Boutin avait créé dans le milieu de la rue de Clichy, en plein quartier de finance, et auquel on avait donné le nom de Tivoli, était le plus merveilleux que l'on eût encore vu: «Nous sommes allés avant déjeuner, dit la baronne d'Oberkirch dans ses Mémoires, visiter le jardin de M. Boutin, que le populaire a qualifié de Folie-Boutin et qui est bien une folie. Il y a dépensé, ou plutôt enfoui plusieurs millions. C'est un lieu de plaisirs ravissants, les surprises s'y trouvent à chaque pas; les grottes, les bosquets, les statues, un charmant pavillon meublé avec un luxe de prince. Il faut être roi ou financier pour se créer des fantaisies semblables. Nous y prîmes d'excellent lait et des fruits dans de la vaisselle d'or.» Boutin était riche: il fut guillotiné le 22 juillet 1794. Ses biens furent confisqués. Son parc de la rue de Clichy fut détruit de fond en comble, les ombrages anéantis, les pelouses retournées. On épargna uniquement une faible partie de la propriété, dont on fit une promenade à la mode sous son appellation de Tivoli, promenade où se donnèrent maintes fêtes et qui, par son nom, éveille encore tant de souvenirs dans nos esprits, mais dont aujourd'hui il ne reste plus que ce qu'en ont dit les livres et les journaux du temps. (La Vie privée des Financiers au XVIIIe siècle, par H. Thirion, p. 276.)[(Retour au texte principal.)]
Note 53: Louis-Auguste Le Tonnelier, baron de Breteuil (1733-1867). Après avoir été, de 1760 à 1783, ambassadeur en Russie et en Suède, à Naples et à Vienne, il fut, à sa rentrée en France, nommé ministre d'État et de la maison du roi, avec le gouvernement de Paris. Démissionnaire en 1788, il n'en conserva pas moins la confiance du roi et de la reine. Au moment du renvoi de Necker, il fut mis, comme «chef du conseil général des finances» à la tête du ministère éphémère du 12 juillet 1789, dit «ministère des Cent-Heures». Il ne tarda pas à émigrer, séjourna successivement à Soleure, à Bruxelles et à Hambourg, rentra en France sous le Consulat et mourut à Paris le 2 novembre 1807.[(Retour au texte principal.)]
Note 54: Antoine de Rivarol (1753-1801). Ironiste étincelant dans les Actes des Apôtres, il a donné en 1789, au Journal Politique-National de l'abbé Sabatier des articles, on plutôt des Tableaux d'histoire, qui lui ont valu d'être appelé par Burke «le Tacite de la Révolution». Il émigra le 10 juin 1792, un mois avant Chateaubriand, et résida d'abord à Bruxelles. C'est là qu'il publia une Lettre au duc de Brunswick, une Lettre à la noblesse française et la Vie politique et privée du général La Fayette, dont il rappelait ironiquement le sommeil au 6 octobre, en lui donnant le nom de «général Morphée».—Chateaubriand a peut-être un peu arrangé les choses en se donnant à lui-même le dernier mot, dans le récit de son échange de paroles avec Rivarol. Il n'était pas si facile que cela de toucher celui qui avait si bien mérité et qui justifiait en toute rencontre son surnom de Saint-Georges de l'épigramme.[(Retour au texte principal.)]
Note 55: Le baron de Montboissier, gendre de Malesherbes, était l'oncle par alliance du frère de Chateaubriand.—Sur le baron de Montboissier, voir au tome I des Mémoires, la note 1 de la page 232.[(Retour au texte principal.)]
Note 56: Caligula était fils d'Agrippine, laquelle avait agrandi Cologne: d'où le nom romain de la ville: Colonia agrippina.—Saint Bruno, fondateur de l'ordre des Chartreux, était né à Cologne vers 1030. Après avoir été revêtu de plusieurs dignités ecclésiastiques et avoir refusé l'archevêché de Reims (1080), il se retira avec six de ses compagnons dans un désert voisin de Grenoble, aujourd'hui appelé la Chartreuse (1084), et y fonda un monastère.[(Retour au texte principal.)]
Note 57: Frédéric-Guillaume II, neveu du grand Frédéric, auquel il avait succédé en 1786. Il mourut en 1797.[(Retour au texte principal.)]
Note 58: Charles-Guillaume-Ferdinand, duc de Brunswick-Lunebourg (1735-1806), général au service de la Prusse. Il commandait en chef les armées coalisées contre la France en 1792. Ayant repris un commandement en 1805, il fut battu à Iéna et mortellement blessé d'un coup de feu près d'Auerstædt (14 octobre 1806).[(Retour au texte principal.)]
Note 59: Sur le marquis de Mortemart et sur La Martinière, voir, au tome I des Mémoires, les notes 3 de la page 185 et 1 de la page 186.[(Retour au texte principal.)]
Note 60: Au siècle précédent, on écrivait indifféremment Goyon ou Gouyon; mais ici le vrai nom est Gouyon, celui de Goyon appartenant à une famille d'une autre origine, les Goyon de l'Abbaye et des Harlières, dont faisait partie le général comte de Goyon, qui a commandé de 1856 à 1862 le corps d'occupation à Rome.—La 7e compagnie bretonne, dans laquelle s'était engagé Chateaubriand, avait pour chef Pierre-Louis-Alexandre de Gouyon de Miniac, né à Plancoët vers 1754, décédé à Rennes le 26 juin 1818.[(Retour au texte principal.)]