Note 61: Ô Richard! ô mon roi! et Pauvre Jacques! étaient deux romances différentes. La première avait été popularisée par l'opéra-comique de Sedaine et de Grétry, Richard-Cœur-de-Lion; les paroles et la musique de la seconde étaient de madame la marquise de Travanet, née de Bombelles, dame de madame Élisabeth. En voici le premier couplet:

Pauvre Jacques, quand j'étais près de toi,
Je ne sentais pas ma misère:
Mais à présent que tu vis loin de moi,
Je manque de tout sur la terre.[(Retour au texte principal.)]

Note 62: Jean-Baptiste-René de Guehenneue, comte de Boishue, marié à Sylvie-Gabrielle de Bruc. Son fils fut tué à Rennes le 27 janvier 1789.—Voir, au tome I des Mémoires, la note de la page 265.[(Retour au texte principal.)]

Note 63: Lucius Carey, vicomte de Falkland (1610-1643), membre du Parlement et secrétaire d'État de Charles Ier. Après s'être d'abord prononcé en faveur de la rébellion, il épousa chaudement la cause royale; il fut tué à la bataille de Newbury.[(Retour au texte principal.)]

Note 64: Chrétien-Auguste, prince de Waldeck (1744-1798). Il perdit un bras au siège de Thionville.[(Retour au texte principal.)]

Note 65: Louis-Félix, baron de Wimpfen (1744-1814) était maréchal de camp lorsqu'il fut élu député aux États-Généraux par la noblesse du bailliage de Caen. Nommé commandant de Thionville, lors de l'entrée des Prussiens en France, il défendit intrépidement cette place pendant cinquante-cinq jours, jusqu'au moment où il fut dégagé par la victoire de Valmy. Après la révolution du 31 mai, il mit, quoique royaliste, son épée au service des députés girondins réfugiés à Caen; mais les beaux parleurs de la Gironde, après une bataille pour rire qui reçut le nom de bataille sans larmes, se refusèrent à pousser plus loin l'aventure. Wimpfen réussit à se cacher pendant le règne de la Terreur. Le gouvernement consulaire lui rendit son grade de général de division, et l'Empereur le nomma inspecteur des haras. Il fut créé baron en 1809. Le général de Wimpfen a laissé des Mémoires.[(Retour au texte principal.)]

Note 66: Manassès de Pas, marquis de Feuquières (1590-1639), lieutenant général sous Louis XIII. Il contribua puissamment à la prise de La Rochelle, et chargé, en 1633, d'une mission diplomatique, il réussit à resserrer l'alliance entre la France, la Suède et les princes protestants de l'Allemagne. Ayant mis, en 1639, le siège devant Thionville, il y fut blessé et pris, et mourut quelques mois après de ses blessures.[(Retour au texte principal.)]

Note 67: Le chevalier de la Baronnais était l'un des nombreux fils de François-Pierre Collas, seigneur de la Baronnais, et de Renée de Kergu, mariés à Ruca, en 1750, et établis, vers 1757, dans la paroisse de Saint-Enogat. Ils avaient déjà cinq enfants, et de 1757 à 1778 ils en eurent quinze autres, vingt en tout. Chateaubriand ne s'éloigne donc pas beaucoup de la vérité, lorsqu'il leur en attribue vingt-trois. Seulement, quand il leur donna vingt-deux garçons et une fille, il fait un peu trop petite la part du sexe faible. Il y avait, chez les la Baronnais, huit filles contre douze garçons.[(Retour au texte principal.)]

Note 68: Hugues Métel, écrivain ecclésiastique du XIIe siècle (1080-1157). Il se vantait de composer jusqu'à mille vers en se tenant sur un pied, stans pede in uno. Chateaubriand fait ici allusion à un apologue qui se trouve en tête des Poésies de Métel et qui est intitulé: D'un loup qui se fit hermite. C'est la meilleure pièce de Métel,—à moins qu'il ne faille l'attribuer, comme le veulent plusieurs érudits, à Marbode, évêque de Rennes, son contemporain.[(Retour au texte principal.)]

Note 69: François-Sébastien-Charles-Joseph de Croix, comte de Clerfayt (1733-1798), s'était distingué pendant la guerre de Sept ans. Mis en 1792 à la tête du corps d'armée que l'Autriche joignait aux Prussiens, il prit Stenay et le défilé de la Croix-aux-Bois, assista aux batailles de Valmy et de Jemmapes, dirigea la retraite avec beaucoup de talent à cette dernière bataille, surprit les Français à Altenhoven, fit débloquer Maëstricht, eut la plus grande part dans le succès des coalisés à Nerwinde, à Quiévrain et à Furnes (1793). Pendant la campagne de 1794, il dut céder le terrain à Pichegru. Créé feld-maréchal l'année suivante, il entra dans Mayence (28 octobre 1795), après avoir battu isolément trois corps d'armée français envoyés contre lui. Une disgrâce inexplicable fut le prix de ces éclatants triomphes: la cour de Vienne, au mois de janvier 1796, le remplaça par le prince Charles.[(Retour au texte principal.)]