Note 70: L'armée des émigrés, en 1792, était fractionnée en trois corps. Le premier (dix mille hommes), formé avec les émigrés, de Coblentz, était commandé par les maréchaux de Broglie et de Castries. Le second (cinq mille hommes) était sous les ordres du prince de Condé. Le troisième corps, sous les ordres du duc de Bourbon, comprenait quatre à cinq mille émigrés cantonnés dans les Pays-Bas autrichiens. Les émigrés de Bretagne faisaient partie de ce troisième corps. (Histoire de l'armée de Condé, par René Bittard des Portes, p. 27.)[(Retour au texte principal.)]
Note 71: François-Prudent-Malo Ferron de la Sigonnière, né dans la paroisse de Saint-Samson, près de Dinan, le 6 juin 1768. Il était l'un des quatorze enfants de François-Henri-Malo Ferron de la Sigonnière, marié, le 4 mai 1762, à Anne-Gillette-Françoise Anger des Vaux. Le camarade de Chateaubriand est mort au château de la Mettrie, en Saint-Samson, le 14 mai 1815.[(Retour au texte principal.)]
Note 72: En plus d'un endroit de ce sixième livre, en effet, c'est Chateaubriand qui parle sous le nom d'Eudore, particulièrement dans cette page sur les veilles nocturnes du camp:—«Épuisé par les travaux de la journée, je n'avais durant la nuit que quelques heures pour délasser mes membres fatigués. Souvent il m'arrivait, pendant ce court repos, d'oublier ma nouvelle fortune; et lorsque aux premières blancheurs de l'aube les trompettes du camp venaient à sonner l'air de Diane, j'étais étonné d'ouvrir les yeux au milieu des bois. Il y a pourtant un charme à ce réveil du guerrier échappé aux périls de la nuit. Je n'ai jamais entendu sans une certaine joie belliqueuse la fanfare du clairon, répétée par l'écho des rochers, et les premiers hennissements des chevaux qui saluaient l'aurore. J'aimais à voir le camp plongé dans le sommeil, les tentes encore fermées d'où sortaient quelques soldats à moitié vêtus, le centurion qui se promenait devant les faisceaux d'armes en balançant son cep de vigne, la sentinelle immobile qui, pour résister au sommeil, tenait un doigt levé dans l'attitude du silence, le cavalier qui traversait le fleuve coloré des feux du matin, le victimaire qui puisait l'eau du sacrifice, et souvent un berger appuyé sur sa houlette, qui regardait boire son troupeau.»[(Retour au texte principal.)]
Note 73: La petite île d'Aaron est la presqu'île où est située le rocher de Saint-Malo.[(Retour au texte principal.)]
Note 74: Odyssée, livre IV, vers 606. Ce vers dit seulement: «Brouté par les chèvres, et qui ne saurait suffire à la nourriture des chevaux.» C'est Mme Dacier qui, la première, a fait honneur à Télémaque de ce doux sentiment de la patrie, qui ne se trouve point dans le texte grec. (Voy. Marcellus, Chateaubriand et son temps, p. 89.)[(Retour au texte principal.)]
Note 75: François-Victor Kellermann (1735-1820), d'une famille noble d'origine saxonne, établie à Strasbourg au XVIe siècle. Il était maréchal de camp en 1788. Appelé, en 1792, au commandement de l'armée de la Moselle, il battit les Prussiens à Valmy, de concert avec Dumouriez. Il n'en fut pas moins destitué le 18 octobre 1793, et envoyé à l'Abbaye, où il resta treize mois enfermé. Mis en liberté après le 9 thermidor, et investi du commandement de l'armée des Alpes, il arrêta en Provence, avec 47,000 hommes, la marche des Autrichiens, forts de 150,000 hommes. Le 20 mai 1804, il fut créé maréchal d'Empire, et, le 3 juin 1808, duc de Valmy. Louis XVIII le fit pair de France, le 4 juin 1814. Il se tint à l'écart pendant les Cent-Jours, quoique compris dans la promotion des pairs du 2 juin 1815, et reprit, à la seconde Restauration, sa place à la Chambre haute, où Chateaubriand et lui se retrouvèrent.[(Retour au texte principal.)]
Note 76: André Morellet (1727-1819), membre de l'Académie française. Nous le retrouverons quand Chateaubriand publiera son roman d'Atala.[(Retour au texte principal.)]
Note 77: Mémoires d'un détenu, pour servir à l'histoire de la tyrannie de Robespierre, par Honoré Riouffe. Publiés peu de temps après le 9 thermidor, ces Mémoires, produisirent une immense sensation.—Honoré-Jean Riouffe était né à Rouen, le 1er avril 1764. Après avoir été secrétaire, puis président du Tribunat, il administra successivement, sous l'Empire, les préfectures de la Côte-d'Or et de la Meurthe. Créé baron, le 9 mars 1810, il succomba, le 30 novembre 1813, à Nancy, aux atteintes du typhus, qui s'était déclaré dans cette ville par suite de l'entassement des malades, après les revers de la campagne de Russie.[(Retour au texte principal.)]
Note 78: Philippe-Laurent Pons, dit Pons de Verdun, né à Verdun, le 17 février 1759, mort à Paris, le 7 mai 1844. Avant la Révolution, il était un des fournisseurs attitrés de l'Almanach des Muses. Député de la Meuse à la Convention, cet homme sensible vota la mort du roi et applaudit à l'exécution de Marie-Antoinette, «cette femme scélérate, qui allait enfin expier ses forfaits.» (Séance de la Convention du 15 octobre 1793). Député au Conseil des Cinq-Cents, il se rallia au coup d'État de Bonaparte, et devint, sous l'Empire, avocat général près le tribunal de Cassation.[(Retour au texte principal.)]
Note 79: Ce fut seulement après le 9 thermidor, que Pons de Verdun fit cette motion. Le décret voté sur son rapport est du 17 septembre 1794.[(Retour au texte principal.)]