Note 254: L'abbé Joseph Faria (et non Furia, comme on l'a imprimé dans toutes les éditions des Mémoires), né à Goa (Indes orientales) vers 1755, mort à Paris en 1819. Il avait acquis comme magnétiseur une réputation qui lui valut d'être mis à la scène, dans un vaudeville intitulé la Magnétismomanie. Tout Paris voulut voir l'abbé Faria sous les traits de l'acteur Potier. Après le théâtre, le roman. Dans le Comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas, le célèbre magnétiseur joue un rôle important. Le romancier le fait mourir au château d'If.[(Retour au texte principal.)]
Note 255: François-Joseph Gall(1758-1828), célèbre médecin allemand, né à Tiefenbrunn, près de Pforzheim (grand-duché de Bade). Il fut naturalisé français le 29 septembre 1819. L'un des créateurs de l'anatomie du cerveau, il fonda sur un ensemble d'observations exactes et d'applications hasardées la prétendue science de la phrénologie, qui fit tant de bruit, dans les premières années de ce siècle, parmi les médecins et les philosophes. Son principal ouvrage, paru de 1810 à 1818 en 4 volumes in-4o, accompagnés de 100 planches, a pour titre: Anatomie et physiologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier, contenant «des observations sur la possibilité de reconnaître plusieurs dispositions intellectuelles et morales de l'homme et des animaux par la configuration de leur tête».[(Retour au texte principal.)]
Note 256: Mon portrait historique et philosophique, par M. de Saint-Martin. Cet écrit posthume du Philosophe inconnu n'a été imprimé que tronqué et très incomplet.[(Retour au texte principal.)]
Note 257: Saint-Martin dit que le dîner chez M. Neveu eut lieu à l'École polytechnique. Chateaubriand nous a dit tout à l'heure que ce dîner avait eu lieu dans les «communs du Palais-Bourbon». Les deux récits ne se contredisent point. Le dîner est du 27 janvier 1803, et à cette date l'École polytechnique était installée au Palais-Bourbon; c'est seulement en 1804 qu'elle fut transportée dans l'ancien collège de Navarre, rue de la Montagne Sainte-Geneviève.[(Retour au texte principal.)]
Note 258: Jean-François de Saint-Lambert (1716-1803). Son poème des Saisons, publié en 1769, le fit entrer, l'année suivante, à l'Académie française. Dans son ouvrage sur les Principes des mœurs chez toutes les nations, ou Catéchisme universel (1798, 3 vol. in-8), il enseigna que les vices et les vertus ne sont que des clauses de convention. Ce livre, outrageusement matérialiste, n'en fut pas moins désigné en 1810, par l'Institut, comme digne du grand prix de morale.[(Retour au texte principal.)]
Note 259: Élisabeth-Françoise-Sophie de La Live (1730-1813). Elle avait épousé en 1748 le général de Houdetot. Sa liaison avec Saint-Lambert subsista pendant presque un demi-siècle, dix ans de plus que celle de Philémon et Baucis, qui dura par deux fois vingt étés. En 1803, Baucis avait 73 ans; Philémon en avait 87. Norvins, qui vit Mme de Houdetot, en 1788, au château de Marais, a tracé d'elle ce portrait (Mémorial, I, 86): «Mme de Houdetot était née laide, d'une laideur repoussante, tellement louche qu'elle en paraissait borgne, et cette erreur lui était favorable. Âgée seulement de cinquante-huit ans en 1788, elle était si déformée que cet automne de la vieillesse était chez elle presque de la décrépitude. Elle ne voyait d'aucun de ces deux yeux dépareillés. Le son de sa voix était à la fois rauque et tremblant. Sa taille plus qu'incertaine était inégalement surplombée par de maigres épaules. Ses cheveux tout gris ne laissaient plus deviner leur couleur primitive. Mon père, qui l'avait vu marier, me disait plaisamment qu'elle était toujours aussi jolie que le jour de ses noces. Mme de Houdetot était une véritable ruine, qui en soutenait une autre...»—La comtesse de Houdetot était la belle-sœur de Mme de La Briche, propriétaire du château du Marais. «Une fois au Marais, dit encore Norvins, elle entrait en vacances... On avait bientôt oublié son incomparable laideur, car l'esprit et le sentiment, et jusqu'à la sociabilité, n'avaient rien perdu en elle de l'action, de la puissance, du charme qui jadis l'avaient si justement distinguée. Rien n'était encore plus imprévu, plus délicat, plus piquant que sa conversation.»[(Retour au texte principal.)]
Note 260: Sannois, dans la canton d'Argenteuil, arrondissement de Versailles (Seine-et-Oise).[(Retour au texte principal.)]
Note 261: Il quitta Paris le 18 octobre 1802. Trois jours avant son départ, il écrivait à son ami Chênedollé, alors en Normandie: Mon cher ami, je pars lundi pour Avignon, où je vais saisir, si je puis, une contrefaçon qui me ruine; je reviens par Bordeaux et par la Bretagne. J'irai vous voir à Vire et je vous ramènerai à Paris, où votre présence est absolument nécessaire, si vous voulez enfin entrer dans la carrière diplomatique.[(Retour au texte principal.)]
Note 262: Pierre-Simon Ballanche, membre de l'Académie française, né à Lyon, le 4 août 1778, mort à Paris, le 12 juin 1847. Il avait publié, en 1800, un volume intitulé: Du Sentiment dans ses rapports avec la littérature et les arts. Ce fut lui qui donna, avec son père, imprimeur à Lyon, la 2e et la 3e édition du Génie du Christianisme. Ses principaux ouvrages sont Antigone (1814); Essais sur les institutions sociales (1818); l'Homme sans nom (1820); les Essais de Palingénésie sociale et Orphée (1827-1828); la Vision d'Hébal, chef d'un clan écossais (1832). De 1802 jusqu'à sa mort, Ballanche fut un des plus constants amis de Chateaubriand.[(Retour au texte principal.)]
Note 263: Quelques jours après avoir quitté Lyon, Chateaubriand écrivait à Fontanes: «Je vous avoue que je suis confondu de la manière dont j'ai été reçu partout; tout retentit de ma gloire, les papiers de Lyon, etc., les sociétés, les préfectures; on annonce mon passage comme celui d'un personnage important. Si j'avais écrit un livre philosophique, croyez-vous que mon nom fût même connu? Non; j'ai consolé quelque malheureux; j'ai rappelé des principes chers à tous les cœurs dans le fond des provinces; on ne juge pas ici mes talents, mais mes opinions. On me sait gré de tout ce que j'ai dit, de tout ce que je n'ai pas dit, et ces honnêtes gens me reçoivent comme le défenseur de leurs propres sentiments, de leurs propres idées. Il n'y a pas de chagrin, pas de travail que cela ne doive payer. Le plaisir que j'éprouve est, je vous assure, indépendant de tout amour-propre: c'est l'homme et non l'auteur qui est touché.—J'ai vu Lyon. Je vous en parlerai à loisir. C'est, je crois, la ville que j'aime le mieux au monde...» Lettre écrite d'Avignon, le samedi 6 novembre 1802. (Voir Chateaubriand, sa femme et ses amis, par l'abbé G. Pailhès, p. 109.)[(Retour au texte principal.)]