LE GARDIEN
Non: un trône lui reste.
LE VOYAGEUR
Un trône ne console pas.
[260]: Congrès de Vérone, guerre d'Espagne, négociations, colonies espagnoles, par M. de Chateaubriand. Deux volumes in-8o, 1838.
[261]: Le traité entre la France et l'Espagne, signé à Fontainebleau, était destiné à demeurer secret. Il était fait trois parts du Portugal,—qui pourtant n'était pas encore conquis et ne devait jamais l'être entièrement. La partie nord,—sous le titre de Lusitanie septentrionale, était attribuée à la princesse Marie-Louise-Joséphine de Bourbon, et à son jeune fils, Charles-Louis de Bourbon, roi d'Étrurie, dont le royaume (l'ancien grand-duché de Toscane) était cédé à la France.—La partie sud (les Algarves et l'Alentejo) était donnée en souveraineté à Godoï (prince de la Paix), favori de la reine et du roi d'Espagne.—La partie centrale (les provinces de Beira, Tras os Montès, Estrémadure) devait être occupée par les troupes de Napoléon, mais s'il gardait ainsi en dépôt le centre et le cœur du Portugal, c'était uniquement, disait le traité, «pour en disposer à la paix générale». On promettait au roi d'Espagne la moitié des colonies portugaises, et on lui donnait le titre pompeux d'Empereur des deux Amériques. Puis venait un petit article, jeté négligemment à la fin d'un annexe et qui était, en réalité, tout le traité. Cet article stipulait «qu'un nouveau corps de 40,000 hommes serait réuni à Bayonne, pour être prêt à entrer en Espagne et à se porter en Portugal dans le cas où les Anglais enverraient des renforts et menaceraient de l'attaquer.»
[262]: Jean VI (1767-1826), fils de Pierre III et de la reine Marie Ire, avait été nommé régent du royaume en 1792, lorsque sa mère fut tombée en enfance. En 1807, à la suite de l'invasion française, il se retira avec la famille royale au Brésil, colonie portugaise, et y prit le titre d'Empereur. Il fut proclamé roi du Portugal en 1816 à la mort de sa mère, mais il ne revint dans ce pays qu'en 1821.
[263]: Une armée d'environ 25,000 hommes, sous les ordres de Junot, s'était mise en mouvement de Bayonne, le 17 octobre 1807, et s'était portée en Portugal. Moins de dix jours après, le 26 octobre, son avant-garde était à Abrantès, à vingt lieues de la capitale, et le conseil du Régent ignorait encore son approche. Ce prince n'avait connu la gravité de sa position qu'en recevant, le 25, le numéro du Moniteur, en date du 13, apporté à Lisbonne par un bâtiment extraordinairement expédié de Londres à l'ambassadeur anglais,—numéro renfermant cette sentence impériale: La maison de Bragance a cessé de régner en Europe.
[264]: Proclamation de Napoléon aux Espagnols, en date du 24 mai 1808.
[265]: Ce Catéchisme renfermait encore d'autres questions et d'autres réponses. En voici quelques-unes: