«Combien y a-t-il d'empereurs des Français?—Un véritable en trois personnes trompeuses.—Comment les nomme-t-on?—Napoléon, Murat et Manuel Godoï (le prince de la Paix).—Lequel des trois est le plus méchant?—Ils le sont tous trois également.—De qui dérive Napoléon?—Du péché.—Murat?—De Napoléon.—Et Godoï?—De la fornication des deux.—Quel est l'esprit du premier?—L'orgueil et le despotisme.—Du second?—La rapine et la cruauté.—Du troisième?—La cupidité, la trahison et l'ignorance.—Comment les Espagnols doivent-ils se conduire?—D'après les maximes de N.-S.-J.-C.—Qui nous délivrera de nos ennemis?—La confiance entre nous autres et les armes.—Est-ce un péché de mettre un Français à mort?—Non, mon père, on gagne le ciel en tuant un de ces chiens d'hérétiques.» (Mignet, Histoire de la Révolution française, t. II, p. 836.)

[266]: Le 22 juillet 1808, le général Dupont, vaincu et cerné à Baylen (Andalousie), signait la capitulation en vertu de laquelle tout son corps d'armée était prisonnier de guerre. D'après le Rapport de Regnaud de Saint-Jean-d'Angély sur la capitulation, le corps de Dupont avant le combat de Baylen comptait en présence sous les armes, 22,830 hommes, et en effectif, 27,067.

[267]: Lorsqu'il débarqua en Portugal, le 31 juillet 1808, avec dix mille hommes, renforcés de quatre mille quelques jours après, Wellington ne portait encore que le nom de sir Arthur Wellesley. Ce fut seulement après la bataille de Talaveyra (27 juillet 1809), qu'il reçut la pairie et le titre de vicomte de Wellington. Il fut fait duc à la bataille de Vittoria (21 juin 1813).

[268]: Le 30 août 1808, Junot, battu le 21 à Vimeiro, dut signer la convention de Cintra, aux termes de laquelle l'armée française devait évacuer entièrement le territoire portugais, mais avec armes et bagages et sans être prisonnière de guerre. Le gouvernement anglais se chargeait de la transporter par mer à Lorient et à Rochefort.

[269]: Sur cette tentative du maréchal Soult et sur les moyens dont il usa pour essayer de se faire roi de Portugal, le général Thiébault a donné, dans ses Mémoires, tome IV, pages 337 et suivantes, les détails les plus curieux.

[270]: Le 6 juin 1808, décret impérial, daté de Bayonne, par lequel Napoléon proclame roi des Espagnes et des Indes son frère Joseph, transféré de Naples à Madrid.—Le 15 juillet 1808, autre décret, déclarant roi de Naples, sous le nom de Joachim-Napoléon, le maréchal Murat, grand-duc de Berg.

[271]: Chateaubriand commet ici une petite erreur de date. C'est seulement le 27 septembre 1808 que Napoléon arriva à Erfurt et qu'il eut avec Alexandre sa première entrevue. Les deux empereurs se séparèrent le 14 octobre. Ce fut le 4 octobre qu'eut lieu la représentation dans laquelle on joua l'Œdipe de Voltaire et où Talma dit le vers, si célèbre depuis:

L'amitié d'un grand homme est un bienfait des dieux.

Ce soir-là «le parterre des rois» se composait des princes suivants: le roi de Bavière, le roi de Saxe, le roi de Wurtemberg, le roi de Westphalie, le duc de Weimar, le duc d'Oldenbourg, le duc de Mecklembourg-Schwérin, le duc de Mecklembourg-Strélitz, le duc Alexandre de Wurtemberg, le prince de la Tour-et-Taxis. (Voir le beau livre de M. Albert Vandal sur Napoléon et Alexandre Ier, tome I, pages 415 et 441.)

[272]: L'Empereur, dans ce même discours au Corps législatif, annonçait solennellement «qu'il allait couronner dans Madrid le roi d'Espagne et planter ses aigles sur les forts de Lisbonne,» engagement théâtral qui n'empêchait pas nos troupes, à ce même moment, d'évacuer le Portugal.