A Seattle les églises sont fort nombreuses; outre six églises catholiques, on compte 80 temples protestants de différentes sectes, luthériens, méthodistes, épiscopaliens, presbytériens, etc., etc. Moi-même j’étais chargé d’une paroisse italienne, établie dans un couvent de religieuses sur les hauteurs de Beaconhill. Deux autres paroisses catholiques sont desservies par nos Pères. La mission des Montagnes Rocheuses a de plus à Seattle un collège important, situé à l’intersection des rues Madison et Broadway. Plusieurs couvents de religieuses, un très grand pensionnat et un hôpital représentent l’élément congréganiste.
Après un séjour de cinq mois dans cette ville, et de six ans aux Etats-Unis, je fus rappelé en Europe. Ayant traversé le continent en quatre jours et quatre nuits, je m’embarquai le 27 août sur la Touraine, à New-York, et arrivai au Havre et à Paris le 4 septembre 1908.
Contre toute attente j’étais allé en Amérique; contre toute attente (car je comptais bien y laisser mes os), j’en suis revenu. La Providence m’a conduit, la Providence m’a ramené: que ses desseins sur moi s’accomplissent jusqu’au bout!
DEUXIÈME PARTIE.
Monographies Indiennes.
CHAPITRE I.
UNE TRIBU PAIENNE: LES PIEDS-NOIRS.
I.
La nation des Pieds-Noirs.
La nation des Pieds-Noirs se divise en quatre tribus qui parlent toutes la même langue: les Pieds-Noirs proprement dits, la peuplade du Sang, les Piégans du Nord et les Piégans du Sud. Tous ces Indiens portent le nom de Pieds-Noirs, parce qu’ayant traversé une immense prairie incendiée au commencement du printemps, ils avaient eu les pieds noircis par la cendre: telle est l’origine de leur nom.