M. SAVATIER-LAROCHE.—Ce sont des provocations qu'on cherche a rendre injurieuses.

M. LE PRESIDENT.—Voulez-vous faire silence et ecouter l'orateur? (Le silence se retablit.)

M. VICTOR HUGO.—Je remercie l'honorable M. de Falloux. Je ne cherchais pas l'occasion de parler de moi. Il me la donne a propos d'un fait qui m'honore. (A la droite.) Ecoutez ce que j'ai a vous dire. Vous avez ri les premiers; vous etes loyaux, je le pense, et je vous predis que vous ne rirez pas les derniers. (Sensation.)

UN MEMBRE A L'EXTREME DROITE.—Si!

M. VICTOR HUGO, a l'interrupteur.—En ce cas vous ne serez pas loyal. (Bravos a gauche.—Un profond silence s'etablit.)

J'avais dix-neuf ans….

UN MEMBRE A DROITE.—Ah! bon, j'etais si jeune! (Longs murmures a gauche.—Cris: C'est indecent!)

M. VICTOR HUGO, se tournant vers l'interrupteur.—L'homme capable d'une si inqualifiable interruption doit avoir le courage de se nommer. Je le somme de se nommer. (Applaudissements a gauche.—Silence a droite.—Personne ne se nomme.)

Il se tait. Je le constate.

(Les applaudissements de la gauche redoublent.—Silence consterne a droite.)