M. SOUBIES.—Elle doit exister pour tous et non pour un seul.
M. LE PRESIDENT.—Monsieur, l'assemblee est la meme; les orateurs changent. C'est a l'orateur a faire l'auditeur, on vous l'a dit avant-hier; c'est M. Michel (de Bourges) qui vous l'a dit.
M. LAMARQUE.—Il a dit le contraire.
M. LE PRESIDENT.—C'est ma variante.
M. MICHEL (de Bourges), de sa place.—Monsieur le president, voulez-vous me permettre un mot? (Signe d'assentiment de M. le president.)
Vous avez change les termes de ce que j'ai dit hier. Ce que j'ai dit ne vient pas de moi; c'est le plus grand orateur du dix-septieme siecle qui l'a dit, c'est Bossuet. Il n'a pas dit que l'orateur faisait l'auditeur; il a dit que c'etait l'auditeur qui faisait l'orateur. (A gauche: Tres bien! tres bien!)
M. LE PRESIDENT.—En renversant les termes de la proposition, il y a une verite qui est la meme; c'est qu'il y a une reaction necessaire de l'orateur sur l'assemblee et de l'assemblee sur l'orateur. C'est Royer-Collard lui-meme qui, desesperant de faire ecouter certaines choses, disait aux orateurs: Faites qu'on vous ecoute.
Je declare qu'il m'est impossible de procurer le meme silence a tous les orateurs, quand ils sont aussi dissemblables. (Hilarite bruyante sur les bancs de la majorite.—Rumeurs et interpellations diverses a gauche.)
M. EMILE DE GIRARDIN.—Est-ce que l'injure est permise?
M. CHARRAS.—C'est une impertinence.