M. DE LA MOSKOWA.—Et, sur les bancs des ministres, pas un mot d'indignation n'eclate a de pareilles paroles!

M. BAROCHE, ministre des affaires etrangeres [Note: President du conseil d'etat de l'empire, a 150,000 francs par an.]—Discutez, mais n'insultez pas.

M. LE PRESIDENT.—Vous avez le droit de contester l'abrogation de l'art. 45 en termes de droit, mais vous n'avez pas le droit d'insulter! (Les applaudissements de l'extreme gauche redoublent et couvrent la voix de M. le president.)

M. LE MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES.—Vous discutez des projets qu'on n'a pas, et vous insultez! (Les applaudissements de l'extreme gauche continuent.)

UN MEMBRE DE L'EXTREME GAUCHE.—Il fallait defendre la republique hier quand on l'attaquait!

M. LE PRESIDENT.—L'opposition a affecte de couvrir d'applaudissements et mon observation et celle de M. le ministre, que la mienne avait precedee.

Je disais a M. Victor Hugo qu'il a parfaitement le droit de contester la convenance de demander la revision de l'art. 45 en termes de droit, mais qu'il n'a pas le droit de discuter, sous une forme insultante, une candidature personnelle qui n'est pas en jeu.

VOIX A L'EXTREME GAUCHE.—Mais si, elle est en jeu.

M. CHARRAS.—Vous l'avez vue vous-meme a Dijon, face a face.

M. LE PRESIDENT.—Je vous rappelle a l'ordre ici, parce que je suis president; a Dijon, je respectais les convenances, et je me suis tu.