M. CHARRAS.—On ne les a pas respectees envers vous.
M. VICTOR HUGO.—Je reponds a M. le ministre et a M. le president, qui m'accusent d'offenser M. le president de la republique, qu'ayant le droit constitutionnel d'accuser M. le president de la republique, j'en userai le jour ou je le jugerai convenable, et je ne perdrai pas mon temps a l'offenser; mais ce n'est pas l'offenser que de dire qu'il n'est pas un grand homme. (Vives reclamations sur quelques bancs de la droite.)
M. BRIFFAUT.—Vos insultes ne peuvent aller jusqu'a lui.
M. DE CAULAINCOURT.—Il y a des injures qui ne peuvent l'atteindre, sachez-le bien!
M. LE PRESIDENT.—Si vous continuez apres mon avertissement, je vous rappellerai a l'ordre.
M. VICTOR HUGO.—Voici ce que j'ai a dire, et M. le president ne m'empechera pas de completer mon explication. (Vive agitation.)
Ce que nous demandons a M. le president responsable de la republique, ce que nous attendons de lui, ce que nous avons le droit d'attendre fermement de lui, ce n'est pas qu'il tienne le pouvoir en grand homme, c'est qu'il le quitte en honnete homme.
A GAUCHE.—Tres bien! tres bien!
M. CLARY [Note: Senateur de l'empire, a 30,000 francs par an.] Ne le calomniez pas, en attendant.
M. VICTOR HUGO.—Ceux qui l'offensent, ce sont ceux de ses amis qui laissent entendre que le deuxieme dimanche de mai il ne quittera pas le pouvoir purement et simplement, comme il le doit, a moins d'etre un seditieux.