J'ai ete absent, ce qui fait que j'ai eu tard votre lettre, et que vous aurez tard ma reponse.
Vous trouverez sous ce pli ma souscription.
Certes, vous pouvez compter sur le peu que je suis et le peu que je puis. Je saisirai, puisque vous le jugez utile, la premiere occasion d'elever la voix.
Il vous faut le million de bras, le million de coeurs, le million d'ames. Il vous faut la grande levee des peuples. Elle viendra.
Votre ami,
VICTOR HUGO.
III
LA GUERRE DU MEXIQUE
Quoique digne de toutes les severites de l'histoire, le premier empire avait fait de la gloire; le second fit de la honte. La guerre du Mexique eclata, odieuse voie de fait contre un peuple libre. Le Mexique resista, et fut traite militairement; l'assaut de Puebla fut un crime dans ce crime, ce fut un de ces ecrasements de villes qui deshonoreraient une cause juste, et qui completent l'infamie d'une guerre inique. Puebla se defendit heroiquement. Tant que le siege dura, Puebla publia un journal imprime sur deux colonnes, l'une en francais, l'autre en espagnol. Tous les numeros de ce journal commencaient par une page de Napoleon le Petit. Les combattants de Puebla expliquaient ainsi a l'armee de l'empire ce que c'etait que l'empereur. Ce journal contenait un appel a Victor Hugo [note: Voici le texte: Que ereis? Los soldados de un tiranno. La mejor Francia es con nosotros. Habeis Napoleon, habemos Victor Hugo.]. Il y repondit.
Hommes de Puebla,