Au nom du peuple cretois, et par delegation des capitaines du pays, Le commandant des quatre departements de la Canee,
J. ZIMBRAKAKIS.
Hauteville-House, 17 fevrier 1867.
En ecrivant ces lignes, j'obeis a un ordre venu de haut; a un ordre venu de l'agonie.
Il m'est fait de Grece un deuxieme appel.
Une lettre, sortie du camp des insurges, datee d'Omalos, eparchie de Cydonie, teinte du sang des martyrs, ecrite au milieu des ruines, au milieu des morts, au milieu de l'honneur et de la liberte, m'arrive. Elle a quelque chose d'heroiquement imperatif. Elle porte cette suscription: Le peuple cretois a Victor Hugo. Cette lettre me dit: Continue ce que tu as commence.
Je continue, et, puisque Candie expirante le veut, je reprends la parole.
Cette lettre est signee: Zimbrakakis.
Zimbrakakis est le heros de cette insurrection candiote dont Zirisdani est le traitre.
A de certaines heures vaillantes, les peuples s'incarnent dans des soldats, qui sont en meme temps des esprits; tel fut Washington, tel fut Botzaris, tel est Garibaldi.