Oui, a ces rois dont les prisons regorgent, dont les echafauds sont rouilles de meurtres, a ces rois des gibets, des exils, des presides et des Siberies, a ceux-ci qui ont la Pologne, a ceux-ci qui ont l'Irlande, a ceux-ci qui ont la Havane, a ceux-ci qui ont la Crete, a ces princes obeis par les juges, a ces juges obeis par les bourreaux, a ces bourreaux obeis par la mort, a ces empereurs qui font si aisement couper une tete d'homme, montrez comment on epargne une tete d'empereur!
Au-dessus de tous les codes monarchiques d'ou tombent des gouttes de sang, ouvrez la loi de lumiere, et, au milieu de la plus sainte page du livre supreme, qu'on voie le doigt de la Republique pose sur cet ordre de Dieu: Tu ne tueras point.
Ces quatre mots contiennent le devoir.
Le devoir, vous le ferez.
L'usurpateur sera sauve, et le liberateur n'a pu l'etre, helas! Il y a huit ans, le 2 decembre 1859, j'ai pris la parole au nom de la democratie, et j'ai demande aux Etats-Unis la vie de John Brown. Je ne l'ai pas obtenue. Aujourd'hui je demande au Mexique la vie de Maximilien. L'obtiendrai-je?
Oui. Et peut-etre a cette heure est-ce deja fait.
Maximilien devra la vie a Juarez.
Et le chatiment? dira-t-on.
Le chatiment, le voila.
Maximilien vivra "par la grace de la Republique".