Le 23 mai, le président du conseil, à l'ouverture de la séance du sénat, prononçait sur Victor Hugo de mémorables paroles. Il disait:
«Son génie domine notre siècle. La France, par lui, rayonnait sur le monde. Les lettres ne sont pas seules en deuil, mais aussi la patrie et l'humanité, quiconque lit et pense dans l'univers entier … C'est tout un peuple qui conduira ses funérailles.»
Et il présentait un projet de loi par lequel des funérailles nationales seraient faites à Victor Hugo.
L'urgence aussitôt est votée, le rapport rédigé et lu, et le projet de loi adopté sans discussion.
A la chambre des députés, après un éloquent discours de M. Floquet, président, les funérailles nationales sont également votées, par 415 voix sur 418 votants.
M. Anatole de La Forge dépose alors la proposition qui suit:
«Le Panthéon sera rendu à sa destination première et légale.
«Le corps de Victor Hugo sera transporté au Panthéon.»
Il demande l'urgence, qui est votée. La discussion est remise au mardi suivant.
En attendant, une commission est nommée par le ministre de l'intérieur, sous la présidence de M. Turquet, sous-secrétaire d'état à l'instruction publique, pour organiser les funérailles nationales.