La commission se compose de MM. Bonnat, Bouguereau, Dalou, Garnier,
Guillaume, Mercié, Michelin, président du conseil municipal, Peyrat,
Ernest Renan et Auguste Vacquerie.
MM. Alphand, Bartet et de Lacroix sont adjoints à la commission pour exécuter ses décisions.
Comme si le génie de Victor Hugo dictait, une idée nouvelle et grande se présente à tous:
La commission décide: Le corps de Victor Hugo sera exposé sous l'Arc de Triomphe. Il partira de là pour le lieu de sa sépulture.
La commission choisit, dans sa seconde séance, le projet de décoration de l'Arc de Triomphe présenté par M. Garnier.
Mais où serait inhumé Victor Hugo?
L'Assemblée nationale de 1791 avait décidé que le Panthéon «serait destiné à recevoir les cendres des grands hommes, à dater de l'époque de la liberté française»; elle avait fait inscrire sur le fronton: AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE; et elle avait immédiatement décerné à Mirabeau l'honneur de cette sépulture. Une ordonnance de Louis-Philippe avait, en 1830, confirmé la loi de l'assemblée nationale. Il est vrai que deux décrets des deux Napoléon avaient rétabli le culte au Panthéon, mais ces décrets n'avaient jamais été exécutés.
Le gouvernement de la République jugea que, pour restituer le Panthéon aux grands hommes, une loi n'était pas nécessaire; un décret suffisait.
Le 26 mai 1885, deux décrets du président de la République étaient insérés au Journal officiel. Le premier rendait le Panthéon «à sa destination primitive et légale». Le second décidait que le corps de Victor Hugo serait déposé au Panthéon.
Ainsi le corps de Victor Hugo irait reposer au Panthéon, après être parti de l'Arc de Triomphe. On ne pouvait, jusqu'ici, rien rêver de plus grand.