La décoration de l'Arc de Triomphe ne devait pas être terminée avant le samedi 30 mai.
La date des funérailles fut fixée au lundi 1er juin, onze heures du matin.
Le corps de Victor Hugo serait exposé sous l'Arc de Triomphe pendant la journée du dimanche 31 mai.
L'itinéraire du cortège funèbre fut ainsi réglé par le conseil des ministres: il descendrait les Champs-Elysées jusqu'à la place de la Concorde, traverserait le pont, suivrait le boulevard Saint-Germain, prendrait le boulevard Saint-Michel et arriverait au Panthéon par la rue Soufflot.
A l'Arc de Triomphe, des discours seraient prononcés au nom des corps constitués: le sénat, la chambre des députés, le gouvernement, l'académie française, le conseil municipal de Paris, le conseil général de la Seine. Les autres discours seraient prononcés au Panthéon.
Le lundi 1er juin, jour des funérailles nationales, serait comme un jour férié. Toutes les écoles et toutes les administrations publiques seraient fermées.
Le samedi 23 mai, le corps de Victor Hugo avait été embaumé et reposait maintenant sur son lit couvert de fleurs.
Le visage du poète était tout empreint d'un calme et d'une majesté suprêmes.
Le sculpteur Dalou modela la tête de Victor Hugo. MM. Bonnat,
Falguière, Clairin, Léopold Flameng et Guillaumet firent des croquis.
M. Léon Glaize peignit la chambre.
Pendant toute la semaine, une foule innombrable et sans cesse renouvelée vint s'inscrire à la maison mortuaire. Des gardiens de la paix maintenaient la double file. Un lierre qui tapisse le mur à l'intérieur du jardin déborde un peu au sommet; c'était à qui en atteindrait une feuille.