Mon cher confrère,
J'ai enfin, malgré les préoccupations et les travaux de nos heures troublées, pu lire votre livre excellent. Vous avez fait oeuvre de talent et de courage.
Il faut du courage, en effet, cela est triste à dire, pour être juste, hélas! envers le faible. L'être faible, c'est la femme. Notre société mal équilibrée semble vouloir lui retirer tout ce que la nature lui a donné. Dans nos codes, il y a une chose à refaire, c'est ce que j'appelle «la loi de la femme».
L'homme a sa loi; il se l'est faite à lui-même; la femme n'a pas d'autre loi que la loi de l'homme. La femme est civilement mineure et moralement esclave. Son éducation est frappée de ce double caractère d'infériorité. De là tant de souffrances, dont l'homme a sa part; ce qui est juste.
Une réforme est nécessaire. Elle se fera au profit de la civilisation, de la vérité et de la lumière. Les livres sérieux et forts comme le vôtre y aideront puissamment; je vous remercie de vos nobles travaux, en ma qualité de philosophe, et je vous serre la main, mon cher confrère.
VICTOR HUGO.
NOTE III.
MEETING POUR LA PAIX.
Un meeting pour la paix est tenu à Paris, sur l'initiative de l'Association anglaise pour la paix.
M. Tolain, président, lit cette lettre, que Victor Hugo adresse de
Guernesey au meeting: