AU NOM DES FRANCS-MAÇONS ITALIENS.

C'est au nom de la loge Michel-Ange de Florence, au nom de la maçonnerie italienne, que je viens adresser un dernier adieu au génie de la France, au poète de toutes les patries, de toutes les libertés, au défenseur des faibles et des opprimés de toutes les nationalités, à l'apôtre éloquent de toutes les nobles causes, au chantre du droit, de la vérité et de la justice, dont la gloire rayonnera sur la monde entier.

L'Italie tout entière porte le deuil de Victor Hugo qu'elle admirait et vénérait. Le grand malheur qui a frappé la France et l'humanité a prouvé une fois de plus que le coeur des peuples latins bat à l'unisson. Ils ont en commun les joies comme les douleurs, les sentiments, les idées, les espérances et les aspirations.

L'Italie, dans cette circonstance douloureuse, a désavoué ce qu'on
l'avait représentée, ce qu'elle n'est pas et qu'elle ne sera jamais.
Elle a montré les sentiments véritables qui l'animent à l'égard de la
France.

L'esprit de la patrie de Dante restera toujours uni à l'esprit de la patrie de Victor Hugo.

Sur ce cercueil entouré de l'admiration universelle, jurons de resserrer de plus en plus les liens de fraternité qui unissent la France à l'Italie, afin de hâter la formation du faisceau latin qui était l'idéal sublime du grand poète humanitaire. Ce sera là le plus beau monument que nous puissions élever à la mémoire glorieuse de l'auteur immortel de la Légende des Siècles.

Que le peuple français et le peuple italien, sur la tombe de leurs génies,—Victor Hugo et Garibaldi,—se retrempent à leur mission de paix, de civilisation et de liberté.

DISCOURS DE M. LEMONNIER AU NOM DE LA LIGUE DE LA PAIX.

Citoyennes et citoyens,

La Ligue internationale de la paix et de la liberté apporte à son tour sur cette tombe, avec ses pieux hommages, le témoignage de sa reconnaissance et de sa douleur.