Le 31 mai 1851, Victor Hugo prononçait à la tribune de l'Assemblée nationale, au milieu des rires de la droite, ce mot prophétique: LES ÉTATS-UNIS D'EUROPE.

Notre ligne a inscrit cette parole sur sa bannière.

En 1869, Victor Hugo est venu du fond de l'exil présider à Lausanne notre troisième congrès.

Le 14 juillet 1870, il a de ses mains planté à Hauteville le chêne des États-Unis d'Europe.

Victor Hugo aimait notre ligue, il suivait nos travaux, il nous donnait ses conseils.

La Ligue n'oubliera jamais qu'elle a été fondée et guidée par Victor
Hugo.

DISCOURS DE M. BOLAND AU NOM DE GUERNESEY.

Messieurs,

Le peuple de Guernesey nous a délégués, mon estimable ami M. Frédéric, M. Allos et moi, pour le représenter aux funérailles de l'immense génie que quinze années de séjour à Hauteville-House ont rendu cher à la population guernesiaise, et il a cru qu'il appartenait a l'un des obscurs ouvriers de l'idée qui souffrent et qui luttent sur le rocher séculaire de l'exil de dire en son nom un dernier adieu au plus illustre de ces proscrits auxquels la terre libre de Guernesey, a toujours offert un inviolable asile.

Je me sens bien au dessous de la tâche honorable qui m'est dévolue et l'émotion naturelle qui nous gagne tous, messieurs, à l'heure solennelle où l'Europe, que dis-je? l'humanité tout entière, se courbe avec douleur devant la dépouille mortelle du plus grand poète du dix-neuvième siècle, me rend impuissant à exprimer les sentiments de vénération, de respect et d'amour du peuple de Guernesey pour ce grand mort.