Paris a été trempé dans le bon sens, ce Styx qui ne laisse point passer les ombres. C'est par là que Paris est invulnérable.

Il s'engoue comme toutes les autres foules, puis, brusquement, devant les apothéoses, les tedeums, les cantates, les fanfares, il perd son sérieux.

Et voilà les apothéoses en danger.

Le roi de Prusse est grand. Il a sur sa monnaie une couronne de laurier, sur sa tête aussi. C'est à peu près un César. Il est en passe d'être empereur d'Allemagne. Mais Paris sourira. C'est terrible.

Que faire à cela?

Sans doute les uniformes du roi de Prusse sont beaux; mais vous ne pouvez pas forcer Paris à admirer la passementerie de l'étranger.

Bien des choses seraient ou voudraient être; mais le rire de Paris est un obstacle.

Des principes d'autrefois, qui étaient crénelés et armés, légitimité, grâce de Dieu, inviolabilité séculaire, etc., sont tombés devant «ce rictus», comme l'appelle Joseph de Maistre.

La tyrannie est un Jéricho dont ce rire fait crouler les tours.

Les puissances terrestres que la messe noire foudroyait, un refrain de faubourien les exécute. Être excommunié était une forme de la démolition; être chansonné en est une autre.