Les hommes considérables qui la représentent ici ont voulu prouver sa concorde souveraine et montrer son indestructible unité. Vous vous ralliez tous pour serrer la main du vieux combattant qui a commencé avec le siècle et qui continue avec lui. Je suis profondément ému. Je remercie.
Toutes ces grandes et nobles paroles que vous venez d'entendre ajoutent encore à mon émotion.
Les journaux, dans ces derniers jours, ont souvent répété certaines dates.—26 février 1802, naissance de l'homme qui parle à cette heure; 25 février 1830, bataille d'Hernani; 26 février 1880, la date actuelle. Autrefois, il y a cinquante ans, l'homme qui vous parle était haï; il était hué, exécré, maudit. Aujourd'hui … aujourd'hui, il remercie.
Quel a été, dans cette longue lutte, son grand et puissant auxiliaire?
C'est la presse française.
Messieurs, la presse française est une des maîtresses de l'esprit humain. Sa tâche est quotidienne, son oeuvre est colossale. Elle agit à la fois et à toute minute sur toutes les parties du monde civilisé; ses luttes, ses querelles, ses colères se résolvent en progrès, en harmonie et en paix. Dans ses préméditations, elle veut la vérité; par ses polémiques, elle fait étinceler la lumière.
Je bois à la presse française, qui rend de si grands services et qui remplit de si grands devoirs.
Les acclamations et les cris de: Vive Victor Hugo! qui avaient interrompu plusieurs fois le grand poète populaire et national, ont éclaté alors avec une énergie incomparable, et n'ont cessé que lorsqu'il a fallu se lever de table pour passer dans les salons, dont un était moins un salon qu'un jardin; M. Alphand, voulant participer à l'hommage qu'on rendait au génie, l'avait magnifiquement et artistement empli d'admirables fleurs.
On a complimenté les orateurs, on a causé, et ainsi s'est terminé ce banquet, qui est plus qu'un banquet exceptionnel, qui est un banquet unique.