—Vraiment? dit avec une expression singulière une voix dans la foule. Cette voix, qui fit tressaillir Spiagudry, était celle d’un petit homme dont le visage était caché sous un large feutre de mineur, et le corps couvert d’une natte de jonc et de poil de veau marin.

—Sur ma foi, reprit, avec un rire épais, un forgeron qui portait son grand marteau en bandoulière, qu’on offre pour sa tête mille ou dix mille écus royaux, qu’il ait quatre ou quarante brasses de hauteur, ce n’est pas moi qui me chargerai d’aller y voir.

—Ni moi, dit le pêcheur.

—Ni moi, ni moi, répétèrent toutes les voix.

—Celui pourtant qui en serait tenté, reprit le petit homme, trouvera Han d’Islande demain dans la ruine d’Arbar, près le Smiasen; après-demain dans la grotte de Walderhog.

—Brave homme, en êtes-vous sûr?

Cette question fut faite à la fois par Ordener, qui assistait à cette scène avec un intérêt facile à comprendre pour tout autre que Spiagudry, et par un autre petit homme, assez replet, vêtu de noir, d’un visage gai, et qui était sorti, aux premiers sons de la trompe du crieur, de la seule auberge que renfermât la bourgade.

Le petit homme au grand chapeau parut les considérer un instant tous deux, et répondit d’une voix sourde:

—Oui.

—Et comment le savez-vous pour pouvoir l’affirmer? demanda Ordener.