—Il est arrivé ce soir et reparti ce soir.
—Ce soir! ce soir! mais où donc s’est-il arrêté? où est-il allé?
—Il a descendu au Spladgest, et s’est embarqué pour Munckholm.
—Ah! je le croyais aux antipodes. Mais que va-t-il faire à ce château? qu’allait-il faire au Spladgest? Voilà bien mon chevalier errant! C’est aussi un peu ma faute, pourquoi l’ai-je élevé ainsi? J’ai voulu qu’il fût libre en dépit de son rang.
—Aussi n’est-il point esclave des étiquettes, dit Poël.
—Non, mais il l’est de ses caprices. Allons, il va sans doute revenir. Songez à vous rafraîchir, Poël.—Dites-moi, et le visage du général prit une expression de sollicitude, dites-moi, Poël, avez-vous beaucoup couru à droite et à gauche?
—Mon général, nous sommes venus en droite ligne de Berghen. Mon maître était triste.
—Triste? que s’est-il donc passé entre lui et son père? Ce mariage lui déplaît-il?
—Je l’ignore. Mais on dit que sa sérénité l’exige.
—L’exige! vous dites, Poël, que le vice-roi l’exige! Mais pour qu’il l’exige, il faut qu’Ordener s’y refuse.